La marche du Front commun initialement prévue pour le 02 août de Marcory au Plateau et reportée au 09 août 2025 à Yopougon a tenu ses promesses de mobilisation. Les rues du parcours étaient noires de monde et la place Ficgayo, point de chute des manifestants, a également été pleine à craquer.
Si le caractère pacifique et discipliné des manifestants fait dire aux initiateurs que l’opposition au régime RHDP a toujours été et demeure civilisée, les militants et partisans dudit régime estiment que cette marche a pu avoir lieu parce que le président, et par ricochet son régime, sont des démocrates, contrairement à ce qui est entendu du côté de ses opposants et même de certaines organisations de la société civile. Preuve contre preuves ? Faits contre déduction ? Manœuvre de communication politique ? Autant de questions qui méritent réflexion et réponses.
Dans tous les cas, les raisons de la marche du 09 août interrogent la démocratie : réinscription sur la liste électorale des noms des personnalités politiques radiées de ladite liste, non au quatrième mandat. Volonté populaire contre interprétation de la constitution. Le prochain mandat pour lequel Alassane Ouattara est candidat est dit être « le deuxième de la deuxième République ». Une révision constitutionnelle vaut-elle naissance d’une nouvelle République ? La France, répère de la Côte d’Ivoire dans nombre de domaines comme le droit, a connu 14 constitutions depuis 1789, mais n’a compté que 05 Républiques.
Certaines personnalités ivoiriennes sont devenues, il y a peu, exclusivement Ivoiriennes alors qu’elles ont occupé/continuent d’occuper les fonctions électives de Député, Maire, Président de Conseil régional, donc régulièrement inscrites sur la liste électorale. Thiam, lui, n’a pas cette ‘’chance’’. Ça se gèrerait au cas par cas ? La BCEAO indique n’avoir subi aucun braquage, mais Gbagbo et Blé Goudé sont sous sanctions judiciaires. La CAP-Côte d’Ivoire, le Front Commun, la PEC-CI, la FIDHOP, ACI et nombre d’autres organisations politiques et de la société civile accuse la CEI de partialité et pointe du doigt des dérives autocratiques dont le pouvoir s’est rendu coupable.
Autoriser une marche suffit-il donc à dire qu’on est démocrate ? Les autres activités « démocratiques » que les oppositions organiseront les semaines à venir nous situeront? Espérons que le pouvoir continue d’être démocratique. Octobre 2025 n’est plus loin.
Prof. ADOU Amadou



