Mel Sévérin, président-fondateur du Syndicat national du personnel des communes et Districts Ivoriens (SYNEPCODI) et président du Conseil national souverain du SYNEPCODI, est désabusé. A l’occasion d’une interview accordée à nos confrères de Soir Info, il a dénoncé la situation « frustrante, délétère, humiliante et déconcertante » que vivent les agents. Les actions menées pour obtenir satisfaction, n’ont pas abouti. Pour plusieurs raisons.
La principale, selon lui, est la confiance placée dans les négociations avec les autorités, la « prétendue main rendue s’étant avérée être de la poudre aux yeux. Cela a discrédité les leaders syndicaux aux yeux de la base. Le plan de certaines autorités à l’origine de ces négociations, a parfaitement fonctionné ». Des revendications pourtant ont été faites. Selon Mel Sévérin, les anciennes ont été reprises et augmentées avec l’ajout des mesures sociales prises par le chef de l’Etat en 2022.
« Cela inclut le statut de la fonction publique territoriale, le paiement de la prime de transport revalorisée, le paiement des arriérés de salaires des agents ex-CNO (Centre-nord-ouest) et, bien sûr, le paiement des mesures sociales décidées par le chef de l’Etat. Les mesures sociales accordées aux fonctionnaires exerçant dans les collectivités territoriales, soient refusées aux agents recrutés localement. Pourtant, selon l’article 06 de la loi 2002-04 portant statut des personnels des collectivités territoriales, jouissent des mêmes avantages », déclare-t-il.
Précisant que les syndicats ont privilégié les mesures sociales immédiates aux revendications structurelles, il informe que des rencontres ont eu lieu avec le ministère de l’Intérieur qui avait promis que ces agents bénéficieraient des mesures du chef de l’Etat. « Les documents afférents à mesures devaient être signés avant la fin du mois de juin. Nous sommes en août, à la veille des élections. Aujourd’hui, force est de constater la désolation des agents et le désaveu notable des syndicalistes qui se murent dans un silence coupable. Il est de leur devoir, par sagesse, d’infirmer leurs camarades sur l’état des revendications, de faire leur mea-culpa et de rétablir la confiance, pour les batailles futures ».
Les agents, selon Mel Sévérin, brûlent d’en finir avec cette situation. Il appelle ses camarades à ne pas céder au désespoir. Même si leur non-prise en compte n’a connu aucune justification. « En somme, c’est le rejet de nos revendications, le piétinement de la dignité professionnelle des agents des collectivités et un irrespect flagrant ».
Paul D. Tayoro



