Les responsables de l’ONG Action pour l’Enfant et la Femme en Côte d’Ivoire (APEF-CI), en collaboration avec la société de gynécologie et d’obstétrique de Côte d’Ivoire (SOGOCI), ont présenté un projet visant à renforcer l’accès à l’information sur l’avortement sécurisé dénommé : « Tous ensemble pour la consolidation des acquis et le renforcement du plaidoyer pour l’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire : TECA-RPAS CI », ce programme bénéficie du financement d’AmplifyChange.La rencontre s’est tenue le samedi 2 mai à Logboayo, dans le département de Soubré.
Selon le directeur de l’APEF-CI, Yeboua Kouadio, l’objectif principal est de renforcer les connaissances des participants sur les droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR). Il s’agit notamment de promouvoir l’article 427 nouveau du Code pénal ivoirien adopté en 2024, qui encadre les conditions d’accès à l’avortement sécurisé. Au cours de cette séance de sensibilisation, plusieurs axes ont été abordés.
Notamment, l’importance des DSSR, la clarification du cadre légal national et régional à travers le protocole de Maputo, ainsi que les conditions d’accès aux services d’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire. Les participants ont également été informés sur les conséquences des avortements clandestins et sur l’ampleur des grossesses en milieu scolaire.
Le projet ambitionne de renforcer le plaidoyer en faveur de l’avortement sécurisé en s’appuyant sur les avancées du Code pénal ivoirien. Il vise aussi à réduire les décès liés aux avortements non médicalisés, à lutter contre les grossesses précoces et à promouvoir les droits des jeunes filles en matière de santé reproductive. Par ailleurs, un volet important concerne le renforcement des capacités des forces de sécurité, afin d’assurer une meilleure application des dispositions légales en matière de DSSR.
S’appuyant sur les données de l’enquête de la procréation médicalement assistée (PMA) 2020, Yeboua Kouadio a indiqué que 18 % des décès maternels sont liés à des avortements non sécurisés. Cette même enquête révèle un taux de prévalence contraceptive estimé à 21 %, tandis que les besoins non satisfaits en planification familiale atteignent 22 % selon l’enquête démographique et de santé (EDS) 2021. En outre, la sexualité demeure précoce. Entre autre, plus de 75 % des filles et 59,4 % des garçons âgés de 15 à 24 ans ont déjà eu des rapports sexuels, selon l’EDS 2012.
Le ratio de mortalité maternelle est estimé à 385 décès pour 100 000 naissances vivantes, dont 75 % concernent des femmes de moins de 35 ans. Pour la coordonnatrice de l’ONG Coalition Namane, Mme Oupoh Bernadette la région de la Nawa enregistre un taux élevé de grossesses en milieu scolaire. Elle souligne que « les barrières linguistiques et culturelles autour de la sexualité favorisent des pratiques non légales ». Elle a salué cette initiative, estimant qu’elle arrive à point nommé pour informer les populations sur leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive.
Dié Tahi



