Après 25 ans d’existence, la Commission électorale indépendante (CEI) tire sa révérence. Le Conseil des ministres du mercredi 6 mai 2026, a décidé sa dissolution. Il est vrai que cet organe était beaucoup décrié par les partis politiques qui présentaient plusieurs exigences visant à donner plus de clarté et de transparence aux élections ivoiriennes.
Danièle Boni Claverie, président de l’URD, se demande dans quelles mesures cette dissolution de la CEI va répondre aux exigences de neutralité, d’impartialité et de transparence. « Depuis 2020, nous avons fait des propositions que nous avons renouvelées en 2025, pour que cette institution soit confiée à la société civile… mais je tiens à dire que l’URD ne regrettera pas la CEI qui nous a imposé, pendant ces quinze dernières années, sa partialité, son absence de neutralité ».
Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, salue la décision qui est, selon lui, le résultat de toutes les contestations. « Il s’agit maintenant de s’asseoir pour refonder ensemble le dispositif électoral national, de manière à ce qu’il n’y ait plus de contestation, de manière à ce que les élections ne soient plus des moments de tensions et de morts », fait-il remarquer.
Don Mello qui a été candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025, se félicite de cette dissolution. Pour lui, la CEI est « un organe dont le passif a lourdement pesé sur la stabilité du pays. Dans l’attente du futur dispositif électoral, nous formulons le vœu qu’il soit d’une intégrité irréprochable. L’enjeu est de taille. Il ne faut surtout pas remplacer la peste par le choléra ».
Simone Gbagbo, présidente du MGC, a publié une déclaration officielle de son parti, jugeant cette décision tardive. « Une réforme anticipée aurait favorisé un climat de confiance entre les différents acteurs politiques, réduit les tensions électorales, renforcé la légitimité des institutions issues des urnes. Toutefois, cette dissolution doit ouvrir la voie à un processus inclusif et apaisé. Le MGC invite donc le gouvernement à privilégier le dialogue national en convoquant sans délai, toutes les forces politiques, les organisations de la société civile et les acteurs indépendants autour d’une même table ».
La CEI tenait un atelier-bilan à Assinie, au moment où l’annonce de sa dissolution a été faite. Ibrahime Kuibiert Coulibaly, le président, s’est donc adressé à ses collaborateurs pour les rassurer. « Ne soyez pas stressés, vous ne serez pas livrés à vous-mêmes », leur a-t-il dit, mettant en avant « la grande expérience acquise et qui pourra servir ailleurs ».
Paul D. Tayoro



