Le roi du Zézé pop qui fête bientôt ses 45 ans de carrière, est en plein dans la promotion des langues africaines. A la veille de son concert du 10 août prochain, il donne les raisons de sa réussite.
John Kyffy, David Wanyou de son nom à l’état civil, a su imposer un style musical très sélectif, la pop musique. Et à la sauce locale. Son concept dénommé « Zézé » en langue Béthé qui est une danse populaire de chez lui, l’a fait connaitre à travers le monde. Le choix de John Kyffy s’est porté vers ce registre musical, pour pérenniser l’œuvre de son grand cousin Martial Drouly qui a été son formateur. Après l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le showbiz était envahi par la musique venue de l’occident.

L’idée lui est alors venue d’exploiter ce style musical, en version africaine. « Notre identité, notre culture, c’est la richesse de notre langue. En réalité il n’y aurait pas eu d’écrit sans l’oralité. Donc l’oralité est la base de la connaissance. On ne doit pas avoir de complexe à chanter dans nos langues africaines. L’anglais n’est pas plus fort que mon ethnie qui est le Béthé. Nos langues africaines sont belles et dynamiques », déclare-t-il dans une interview accordée à nos confrères de Fraternité Matin.
Le Zézé pop est, affirme-t-il, un mouvement qui régit toute l’Afrique à travers les similitudes des réactions dans la douleur comme dans la joie. Pour l’artiste, les peuples africains ont tous la même manière d’exprimer leurs douleurs et leurs joies. C’est d’ailleurs ces émotions qu’il véhicule à travers ses chansons. Notamment, l’amour entre les hommes, la persévérance et, surtout, la contribution à l’évolution de l’humanité.
Les débuts de John Kyffy n’ont pas été aisés. « A cette époque on s’est battu pour donner forme à ce qu’on appelle aujourd’hui la World Music. Quand j’étais en France, il n’y avait pas de casier de musiques africaines. Dieu a fait que le Fnac accepte de me produire, moi un artiste qui chante en langue. Il trouvait que ma musique était moderne mais la langue était un problème. Je leur ai expliqué que la langue ne doit pas être un frein à la musique, car moi-même je ne comprenais pas l’anglais quand j’appréciais la pop.

Ce qui compte, ce sont les accords et la mélodie, la chaleur et l’énergie que dégage l’artiste. Ils ont compris et on a collaboré ». Malgré tout cela, des propositions lui ont été faites à plusieurs reprises, entre autres le réseautage et beaucoup plus encore, qui auraient pu dévoyer sa lutte et lui faire rater l’objectif de valoriser l’art africain. John Kyffy promet de grosses surprises lors de son prochain concert prévu le dimanche 10 août au Palais de la culture, pour célébrer ses 45 ans de carrière. Il fera la promotion de son nouvel album qui est d’une très belle facture selon ceux qui l’ont déjà écouté.
Reine Titi



