Le Mouvement des Générations Capables (MGC) a pris acte de l’annonce faite par le Président Alassane Ouattara, de sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025, pour un quatrième mandat consécutif. Le MGC tient à rappeler que le principe de la limitation des mandats présidentiels à deux constitue une pierre angulaire de la démocratie ivoirienne, affirmé de manière constante depuis plus de deux décennies. En effet, la Constitution de 2000, en son article 35, alinéa 1, disposait sans équivoque : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.
Il n’est rééligible qu’une seule fois. » Ce principe fondamental a été reconduit mot pour mot dans la Constitution de 2016, puis maintenu tel quel dans la version modifiée de 2020. L’article 55, alinéa 1, de ces deux textes stipule en effet, dans les mêmes termes : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une seule fois. »
La reproduction littérale de cet article essentiel montre la volonté clairement exprimée par le constituant d’ancrer durablement une culture politique fondée sur l’alternance démocratique et le respect des principes républicains. Pour consolider davantage cette continuité juridique, l’article 183 de la Constitution stipule que : « La législation actuellement en vigueur en Côte d’Ivoire reste applicable, sauf l’intervention de textes nouveaux, en ce qu’elle n’a rien de contraire à la présente Constitution. » Cette disposition garantit la continuité du droit et la prise en compte des effets juridiques antérieurs.
Il en résulte que les deux mandats précédemment exercés par le Président Alassane Ouattara entre 2010 et 2020 doivent être juridiquement comptabilisés. Dès lors, le mandat obtenu en 2020 était déjà entaché d’inconstitutionnalité, et le quatrième mandat envisagé pour 2025 aggrave encore cette violation manifeste de la Constitution. 2 Aucun artifice juridique, aucun argument politique ne saurait légitimer cette candidature qui est contraire à l’esprit et à la lettre de la Loi fondamentale, et qui est également en totale contradiction avec les aspirations profondes du peuple ivoirien à la démocratie, à la stabilité institutionnelle et à l’État de droit. Ni les défis sécuritaires, ni les crises monétaires et économiques ne sauraient justifier une telle entorse à la Constitution.
En conséquence, le MGC dénonce avec la plus grande fermeté cette nouvelle candidature anticonstitutionnelle, qui représente une grave atteinte à l’État de droit, une menace pour la paix sociale et un recul démocratique inacceptable. Toutefois, fidèle à sa ligne de responsabilité politique et à son engagement pour une transformation pacifique de la Côte d’Ivoire, le MGC réaffirme son attachement au dialogue politique, seule voie légitime de résolution des différends majeurs dans une société démocratique. C’est dans cet esprit que, au sein de la Coalition pour une Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CÔTE D’IVOIRE), le MGC continue de plaider en faveur d’une réforme profonde du système électoral, condition essentielle pour garantir des élections transparentes, inclusives et pacifiques.
Fait à Abidjan, le 31 juillet 2025
Pour le MGC Professeur TRAORÉ Klognimban Dominique
1 er Vice-président et porte parole du Parti



