A la faveur du Conseil des ministres du mercredi 30 juillet 2025, Amadou Coulibaly, ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, s’est exprimé sur l’affaire de l’injonction faite à l’Etat de Côte d’Ivoire de réinscrire Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, sur la liste électorale. Dans sa décision, le Comité des droits de l’Homme des Nations unies recommande de respecter l’article 25 du Pacte, qui stipule que le concerné puisse voter et être élu.
Le porte-parole du gouvernement reconnait, certes, la réception d’une note verbale de la commission des Nations unies pour les droits de l’homme. « Cette note rappelle en substance que la requête des demandeurs était claire et souhaitait des mesures provisoires d’inscription de monsieur Tidjane Thiam sur la liste électorale. La note rejette clairement ces mesures provisoires », fait remarquer le ministre. Il soutient par ailleurs que « c’est une affabulation totale » de penser que l’ONU ordonne de remettre Thiam sur la liste électorale.
Ce même mercredi 30 juillet, Me Mathias Chichportich, avocat de Tidjane Thiam, a animé une visio-conférence pour se prononcer sur la décision onusienne. « Tout citoyen a le droit et la possibilité de prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses représentants librement choisis, de voter et d’être élu au cours d’élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal au scrutin secret, assurant l’expression libre de la volonté des électeurs ; d’accéder dans des conditions générales d’égalité aux fonctions publiques de son pays.
C’est dire que lorsque le porte-parole du gouvernement indique que la Côte d’Ivoire respecte les droits politiques de Tidjane Thiam parce qu’il exercerait des fonctions de direction du parti, c’est purement et simplement faux ! Si le comité des droits de l’homme avait estimé que les droits de monsieur Tidjane Thiam étaient garantis, alors pourquoi inviterait-il la Côte d’Ivoire à les garantir ? Il est clair que la Côte d’Ivoire est rappelée à l’ordre par le Comité des droits humains », a-t-il dit.
Selon l’avocat, son client est déterminé à continuer à se battre parce qu’il vit mal le fait de ne pas pouvoir être candidat. « On s’attaque à sa nationalité, lui dont la légalité n’a jamais été remise en cause jusqu’ici. Et lui dont la famille a participé à l’histoire de la Côte d’Ivoire ». Le Comité demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de lui soumettre ses observations sur la question au plus tard le 8 janvier 2026. Les élections seraient passées depuis longtemps.
Paul D. Tayoro



