Ainsi donc, la marche annoncée par les partis politiques réunis au sein du Front commun, est interdite. Et c’est le Préfet d’Abidjan qui, ayant pris la décision, la fait connaître au monde et à la Nation. Cette initiative vient-elle de lui en toute responsabilité ou alors, est-il sous les ordres discrets mais fermes d’une autorité tapie dans l’ombre ?
Un mouvement jusque-là inconnu, est sorti de terre quelques instants avant l’annonce, pour mettre en garde et menacer. Le GSM225, s’étant érigé en force régalienne promettait de rétablir l’ordre s’il était troublé. Une déclaration transpirant la menace et la haine. Alors que rien n’indiquait l’imminence d’un désastre lié à la marche annoncée, l’objectif de l’annulation a été atteint.
Mais une marche pacifique est-elle forcément source de trouble ? Où est la frontière entre la liberté d’expression garantie par la Constitution et le trouble de l’ordre condamné par cette même Constitution ? Le dialogue, l’échange entre les tenants du pouvoir et la partie du peuple qui est dans l’opposition, est le seul et unique antidote aux troubles.
Tout le peuple n’est pas dans l majorité et tout le peuple n’est pas dans l’opposition. Mais, comme pour le Dieu créateur qui un et indivisible, la partie est aussi le tout. C’est un mystère. Tout comme la vie de la Nation est un mystère. C’est pourquoi ceux qui sont au pouvoir doivent développer des vertus capables d’assurer le bonheur du peuple afin que celui-ci respecte l’ordre qui est établi pour sa propre sécurité.
L’annulation d’une marche ne peut être la bonne solution dans une telle optique. Quelle est la posture de l’un et quelle est la posture de l’autre ? Qui a la responsabilité d’assurer l’harmonie ? Autant de questions dont la réponse, mûrement réfléchie, pourrait éviter bien de souffrances aux Ivoiriens en cet âge électoral.
Certes, toute l’opposition n’était pas impliquée dans ce projet. Mais c’est toute la Nation qui réclame des élections transparentes, inclusives et honnêtes. Dans un système de réforme profonde du système. Afin que la voix du peuple soit respectée et que la gouvernance qui en découle soit bénie. Vox Dèi, Vox populi. La voix de Dieu est celle du peuple. Si donc tu n’as pas peur du peuple, il te reste d’avoir la crainte de Dieu.
Paul D. Tayoro



