332.515 candidats ont postulé cette année 2025, pour le baccalauréat. Hier lundi 7 juillet 2025, Diarra Badji, directrice des examens et concours, a annoncé que 133.518 d’entre eux ont été déclarés admis. Et c’est le lycée Sainte-Marie de Cocody qui, respectant la tradition, détient la palme du meilleur taux de réussite. 100% de réussite dans cet établissement d‘excellence, alors que le taux national n’est que de 40,15%. Les journées du 8 au 10 juillet sont réservées aux réclamations, ensuite, les résultats ultimes de délibérations seront connus le 11 juillet à 14 heures.
Les autorités rappellent qu’en 2023, le taux de réussite national était de 32,09% et en 2024, 34,17%. Ils pointent avec satisfaction un taux de réussite toujours en hausse. Mais le résultat reste bas puisqu’il n’atteint pas les 50%. M. Eli Dayoro, enseignant, regrette le niveau général très bas des élèves, qu’ils aient réussi au bac ou pas.
Il y voit plusieurs raisons. « D’abord, le système éducatif a choisi de ne pas placer les enfants au niveau qui était le nôtre pour la même classe. On ne leur demande plus de réfléchir, ils ne font plus de recherche et ne s’intéressent qu’aux réseaux sociaux. La deuxième raison est la pauvreté des parents. Beaucoup parmi eux ne sont pas capables de faire face aux besoins de leurs enfants ni pour se nourrir ni pour avoir le matériel. Dans les classes, nous associons plusieurs enfants pour un seul livre, parce qu’il n’y en a pas.
Il faut ajouter à cela, le nombre pléthorique d’élèves dans les classes. C’est pire dans le premier cycle. Personnellement, j’avais dans une classe de 4e, plus de 120 enfants. Qui peut s’occuper de tous ceux-là » ? Il ne comprend pas pourquoi dans de si nombreux établissements publics ou privés, l’on trouve des classes de plus ou moins 100 élèves, ce qui est contraire aux règles. « Mais on laisse faire ».
V.N., professeur de mathématiques à la retraite, estime que c’est toute la politique de l’éducation qui doit changer. Il explique pourquoi les enseignants ne sont plus motivés dans leur travail. « Même quand il a la licence, il va postuler pour devenir instituteur et c’est le BEPC qui est pris en compte. Il est donc là pour fuir le chômage et non pour servir. Il travaillera mal, sans aucune motivation », regrette-t-il.
En pleine réforme depuis des années, le système éducatif ivoirien parviendra-t-il au niveau qui était le sien dans les années 70 à 80 ?



