Lors de la campagne présidentielle de 2025, Dr. Ahoua Don Mello avait fait de la souveraineté économique son cheval de bataille. L’une de ses promesses de campagne était la mise en place, dès son accession au pouvoir, d’un fonds souverain qui reposerait sur l’autonomie financière, c’est-à-dire réduire la dépendance aux marchés extérieurs et aux bailleurs de fonds internationaux, et la transformation locale, qui reviendrait à utiliser les revenus des matières premières (cacao, mines, gaz) pour financer l’industrialisation.
Il présentait cet outil comme un instrument de réappropriation des richesses nationales. Ce mercredi 15 avril 2026, le Conseil des ministres, sous la présidence de Son Excellence Alassane Ouattara, a officiellement adopté la création du Fonds Souverain Stratégique pour le développement de la Côte d’Ivoire (FSDI), structuré en trois piliers, à savoir (1) le fonds de développement des infrastructures pour les projets stratégiques et rentables, (2) le fonds de stabilisation économique pour protéger le pays contre les chocs extérieurs (variations des prix des matières premières), et le fonds de placement stratégique, une épargne intergénérationnelle pour le long terme.
Le gouvernement annonce que ce fonds sera alimenté par une quote-part des revenus tirés de l’exploitation des ressources minières et énergétiques. Bien que les philosophies politiques diffèrent, entre celle de Dr. Ahoua Don-Mello, qui prône le retour de l’Etat dans les secteurs stratégiques, et celle du Président Alassane Ouattara, qui prônait jusque-là le retrait de l’Etat des secteurs stratégiques, un pas important est franchi avec la création d’un fonds souverain stratégique, et on observe un consensus technique sur la nécessité pour la Côte d’Ivoire de mieux capter la rente de ses ressources naturelles. Le constat est simple : avec l’augmentation significative de la production de pétrole et d’or en Côte d’Ivoire, l’État a besoin d’un « bas de laine » stratégique.
Dr. Ahoua Don-Mello salue la création de ce fonds souverain, et se réjouit de ce que sa promesse de rupture avec le libéralisme sans limite soit devenue une nécessité de gestion pour le Parti-Etat. Pour lui, c’est un bel exemple de la façon dont des idées de l’opposition peuvent finir par s’imposer dans l’agenda de l’État lorsque les réalités économiques convergent.
Cependant, il interpelle le gouvernement ivoirien sur certains risques majeurs, notamment de gouvernance, de politisation et d’opacité des investissements. Par exemple, le principal danger d’un fonds souverain, surtout lorsqu’il est alimenté par des ressources extractives (Pétrole, Gaz, Or), est qu’il devienne une « caisse noire ». Aussi, si les nominations à la tête du FSDI sont purement politiques, les décisions d’investissement risquent de favoriser des projets à visée électorale plutôt que des actifs rentables à long terme.
Afin de transformer le FSDI en moteur de l’autonomie économique ivoirienne, Dr. Ahoua Don Mello propose d’y intégrer les reserves du secteur café-cacao. Pour assurer la crédibilité de ce dispositif, il insiste sur l’adoption des 24 Principes de Santiago, sanctuarisant ainsi une gouvernance transparente et une gestion dépolitisée, conforme aux meilleures pratiques mondiales.
Par ailleurs, le FSDI ne peut fonctionner en vase clos. Pour attirer les capitaux et moderniser la finance ivoirienne, trois leviers sont essentiels : une Loi sur les Crypto-actifs, qui permettrait la Tokenisation des ressources, la création d’une Zone Franche Financière (ZFF), et la remise en cause des accords monétaires avec la France pour capter une partie de nos réserves en or et en devises afin d’alimenter le fonds souverain et la relance de la monnaie-éco sur des bases souveraines.
En conclusion, le FSDI serait le moteur, mais la Loi Crypto et la ZFF seront les rails indispensables, pour que ce moteur ne tourne pas à vide et ne soit emporté par les incertitudes sur l’avenir de l’euro-dollar.
Abidjan, le 16 avril 2026
Pour Dr. Ahoua Don-Mello



