Ouverte lundi 12 octobre à Yamoussoukro par Kandia Camara, la deuxième session ordinaire 2026 du Sénat place la lutte contre l’orpaillage clandestin au cœur des priorités. Un projet de loi durcissant les sanctions contre les financiers et commanditaires sera examiné, tandis que l’institution accélère sa mue numérique.
La deuxième session ordinaire du Sénat pour l’année 2026 s’est ouverte lundi 12 octobre 2026 à Yamoussoukro. La présidente de l’institution, Kandia Camara, a annoncé que la lutte contre l’orpaillage clandestin sera l’un des dossiers majeurs de cette session.
« La recherche d’un gain immédiat ne saurait compromettre le patrimoine naturel, la sécurité des populations »
Le Sénat aura à examiner un projet de loi crucial, adopté en Conseil des ministres le 23 septembre dernier. Ce texte vise à muscler l’arsenal répressif, non seulement contre les orpailleurs sur le terrain, mais surtout contre ceux qui se cachent derrière. Le projet prévoit de renforcer lourdement les sanctions contre les commanditaires, les financiers, les receleurs et même les propriétaires de sites qui se rendent complices. Une manière de s’attaquer à la tête du réseau, là où se trouvent les véritables profits. « La recherche d’un gain immédiat ne saurait compromettre durablement le patrimoine naturel, la sécurité des populations et les moyens de développement du pays », a insisté Mme Camara.
Un appel à la mobilisation nationale lancé
Devant les sénateurs, elle a appelé à une mobilisation nationale contre ce fléau qu’elle juge destructeur pour le pays. « Au-delà des sites clandestins, ce sont nos territoires, nos villages et nos cadres de vie qui sont profondément défigurés », a-t-elle dénoncé. Faisant allusion à la pollution des cours d’eau, la dégradation des terres arables, l’insécurité grandissante, les pertes sèches pour les finances publiques, etc.
Au-delà de ce dossier, cette session est aussi celle de la modernisation. « Oui, le Sénat se modernise ! », a lancé Kandia Camara. L’institution s’est engagée dans une digitalisation complète de ses procédures législatives. Sont déjà effectifs : l’enregistrement numérique des présences des sénateurs, le dépôt électronique des amendements, l’archivage digital des travaux et l’expérimentation du vote électronique. Pour accompagner cette transition, des tablettes numériques seront mises à la disposition des sénateurs, avec des sessions de formation, à l’effet de maîtriser les nouvelles plateformes.
L’institution se modernise avec le digital et l’IA
L’étape qui suivra est le recours à l’intelligence artificielle pour appuyer la recherche documentaire, l’analyse des textes de loi et l’évaluation des politiques publiques. Une innovation que la présidente veut encadrer, « tout en préservant le jugement du législateur et les libertés fondamentales ».
Sur le plan purement législatif, l’agenda est chargé. Cette deuxième session sera consacrée à l’examen du projet de loi de finances et de neuf autres projets de loi majeurs. Parmi eux, les textes relatifs à l’amélioration génétique animale, à la promotion et au développement des Petites et moyennes entreprises et des Entreprises de taille intermédiaire, ainsi que celui portant modification du Code électoral. Les sénateurs devront également se pencher sur le rapport de la Commission d’évaluation des politiques publiques sur le transfert des compétences de l’État aux collectivités territoriales.
Revenant sur le bilan de la première session ordinaire, du 28 janvier au 19 juin, Kandia Camara a rappelé que 17 projets de loi avaient été adoptés, dont le stratégique Plan national de développement (PND) 2026-2030, boussole de l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années.
Jeremy Junior
Leg : Kandia Camara engagée dans la lutte contre les financiers de l’orpaillage illégal



