Dans le cadre de la lutte contre la vie chère, l’État de Côte d’Ivoire a fixé les prix des produits de première nécessité afin d’encadrer les commerçants. Mais certains commerçants refusent d’afficher les prix des produits plafonnés par l’État. Dans la commune d’Anyama, précisément dans les villages de Quatre-croix, Attiékoi, Anyama-adjamé et Awoué force est de constater que certains commerçants des boutiques de quartiers refusent d’appliquer cette prescription du ministère du commerce.
Dans le village d’Awoué, à quelques encablures de l’entrée principale, le commerçant de la première boutique déclare que « tout le monde connaît les prix des produits commercialisés dans les boutiques. C’est pour cette raison que je n’affiche pas les prix des produits dans ma boutique ». Non loin de là, de l’autre côté de la voie principale se trouve une autre boutique. Là, le propriétaire reconnait qu’il n’affiche pas les prix, tout en promettant de le faire prochainement.
À une trentaine de mètres, un autre commerçant profite de l’occasion pour exprimer son ressenti. « Les personnes qui contrôlent les prix et la qualité des produits commercialisés nous fatiguent », martèle-t-il. Il poursuit : « Dans ma boutique, j’affiche les prix des produits commercialisés. Mais certains contrôleurs trouvent toujours des prétextes pour me soutirer de l’argent. Souvent, ils saisissent nos marchandises et à la fin, nous perdons nos produits. Nous sommes obligés de donner de l’argent aux contrôleurs pour ne pas tout perdre, nos marchandises et notre investissement ».
Dans le village de Quatre-croix, le refus des commerçants d’afficher les prix n’offusque personne. Tout le monde est pourtant informé. Mais cela n’attire l’attention de personne. « Ici, à Anyama-Adjamé, aucun commerçant n’affiche les prix des produits commercialisés dans les boutiques », témoigne K. N., un fils du village. D’ailleurs, à une centaine de mètres du siège de la chefferie de Quatre-croix, se trouvent deux boutiques. Les propriétaires n’ont pas affiché les prix des produits qu’ils vendent. Ils se justifient « Je viens d’ouvrir ma boutique. C’est pourquoi je n’ai pas encore affiché les prix des produits que je vends », soutient l’un d’entre eux. Selon l’autre, « le propriétaire de la boutique n’est pas là ». Pourtant, selon les villageois, ces deux commerçants sont les propriétaires de ces boutiques.
Ils reconnaissent que les agents du ministère du commerce passent régulièrement pour le contrôle. Mieux, le lundi 07 septembre 2026 ces agents sont venus effectuer une mission dans les différentes boutiques d’Anyama, notamment dans le village de Quatre-croix.
Mais pourquoi les commerçants refusent-ils d’afficher les prix ? Les agents eux-mêmes seraient-ils à la base du non affichage des prix ? Certains dénoncent les agents du ministère. « Les contrôleurs exigent toujours de l’argent aux commerçants. C’est ce qui pousse certains commerçants à ne pas afficher les prix des produits commercialisés dans leurs boutiques. », soutient notre interlocuteur.
Dans le village de Quatre-croix, Mme T. J. explique que « les agents du ministère du commerce trouvent toujours un prétexte pour soutirer de l’argent aux commerçants, même si ces derniers remplissent toutes les conditions en matière de commerce ».
Dans le village d’Awoué, A.M., n’en peut plus. « J’en ai marre des contrôleurs du ministère du commerce et de la mairie. Ils nous fatiguent trop » ! Et d’ajouter : « Dans la même journée, il peut y avoir parfois quatre contrôles. Et, ils nous obligent à leurs donner de l’argent même si nous sommes en règle ».
Les populations des villages Quatre-croix, Attiékoi et d’Awoué savent bien que les prix des produits commercialisés dans les boutiques ne sont pas affichés. Cependant, personne ne dénonce cette infraction. Certaines veulent tout simplement éviter de s’attirer des ennuis. Les autorités devraient se pencher davantage sur cette question qui est vitale dans la lutte contre la vie chère.
César Kouakou



