La garde à vue de Justin Katinan Koné provoque une vive réaction du PPA-CI. Le parti de Laurent Gbagbo conteste les motifs de la procédure et dénonce une pression judiciaire contre l’opposition.
Une plainte pour diffamation à l’origine de la procédure
Justin Katinan Koné, 4e vice-président du PPA-CI, a été convoqué à la préfecture de police d’Abidjan le mercredi 9 septembre 2026. Cette convocation faisait suite à une plainte pour diffamation déposée deux jours plus tôt par le RHDP.
La plainte a été portée par Ibrahim Cissé Bacongo, secrétaire exécutif du parti au pouvoir. Elle concerne également Laurent Gbagbo, président du PPA-CI.
L’affaire remonte à une conférence de presse organisée le 3 septembre. Justin Katinan Koné y avait évoqué la responsabilité du pouvoir dans la progression de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire.
Sur place, les avocats du PPA-CI ont invoqué une disposition légale datant de 2005. Selon le parti, celle-ci prévoit une autorisation préalable de la Cour de cassation pour entendre un ancien ministre dans certaines procédures judiciaires.
La situation aurait ensuite évolué. Le PPA-CI affirme que les enquêteurs ont ajouté une accusation de « trouble à l’ordre public », en lien avec l’élection présidentielle d’octobre 2025.
C’est sur cette nouvelle base que Justin Katinan Koné aurait été maintenu en garde à vue. Une nouvelle audition devait avoir lieu jeudi à 14 heures.
Le PPA-CI dénonce un « traquenard judiciaire »
La direction du PPA-CI estime que cette affaire dépasse le cadre d’une plainte pour diffamation. Elle accuse le RHDP de chercher à transformer une procédure judiciaire en moyen de pression contre l’opposition.
Le parti parle ainsi d’une « dérive grave » et affirme que la procédure pourrait contribuer à « criminaliser toute parole politique de l’opposition ».
Le PPA-CI conteste également l’intervention de l’accusation liée au trouble à l’ordre public. Il y voit une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
La formation de Laurent Gbagbo rappelle, par ailleurs, une déclaration du porte-parole du gouvernement après le Conseil des ministres du 9 septembre. Celui-ci avait indiqué que la plainte relevait du RHDP et non de l’exécutif.
Le parti dénonce aussi ce qu’il présente comme un « harcèlement judiciaire » visant plusieurs de ses responsables. Il affirme que plus d’un millier de ses cadres seraient détenus sans jugement depuis plusieurs années.
Face à cette situation, la direction du PPA-CI réclame l’arrêt immédiat des procédures engagées contre Justin Katinan Koné. Elle annonce également qu’elle pourrait saisir des organisations ivoiriennes et internationales de défense des droits fondamentaux.
Le parti appelle enfin ses militants et sympathisants à rester mobilisés. Il qualifie la situation de « dérive totalitaire » du régime RHDP.
Kevin AKA



