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BONNE GOUVERNANCE / SIGNALIS, UNE PLATEFORME DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

SIGNALIS est une création de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG) que dirige actuellement le juge Epiphane Zoro Bi Ballo. Elle est, selon ses initiateurs, un outil de dénonciation des cas de corruption et d’incivisme. Les pots-de-vin, le favoritisme, les détournements, les abus de pouvoir et bien plus encore, peuvent désormais être dénoncés pour permettre au pouvoir public d’enrayer le mal.

Mais depuis le 25 mai 2023 qu’il a été lancé, SIGNALIS n’a enregistré que 5.461 appels. On ne dit pas combien de cas ont été traités avec succès ni pourquoi il y a si peu d’appels pour un pays où la corruption et l’incivisme sont le pain quotidien. 

Qu’est-ce qui ne marche pas avec SIGNALIS ? « La bonne marche de cet instrument dépendra de la confidentialité accordée aux dénonciateurs, de la protection des lanceurs d’alerte et du traitement rigoureux des signalements », avait prévenu N’Golo Coulibaly le prédécesseur de Zoro Bi Ballo à la tête de la HABG. Il ne croyait pas si bien dire.

Le sort réservé au jeune homme qui avait dénoncé le remblayage illégal de la lagune Ebrié, montre bien que la protection des lanceurs d’alerte est encore un simple vœu. Et les travaux de l’avant-projet de loi relatif à leur protection traînent depuis longtemps.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est confrontée au grave problème de l’orpaillage clandestin. Don Mello affirme que les financiers se trouvent à Dubaï, preuve que des connections politiques et administratives sont en jeu. A preuve l’imposante logistique déployée au nez et à la barbe de nos autorités.

Dans la commune de Koumassi et à Port-Bouët, il y a eu des déguerpissements qui interrogent. On attend la suite judiciaire. Le professeur Prao Yao séraphin, a récemment publié une contribution visant à lutter contre la fraude et la corruption et qui pourrait être utile aux gestionnaires de SIGNALIS. Selon lui, la corruption et les pertes indirectes qui lui sont associées, font perdre à la Côte d’Ivoire entre 1.300 et 1.400 milliards FCFA par an, soit environ 4% du produit intérieur brut (PIB).

Ce montant représente près de 64% du service de la dette publique du pays en 2019. Autant dire que le pays s’endette pour alimenter des réseaux de corrupteurs. L’universitaire va plus loin pour dire que plusieurs secteurs sont particulièrement exposés au risque de la corruption. Il cite la Sécurité, les Régies financières, l’Administration foncière et les services sociaux de base.

A la sous-préfecture de Divo, il faut débourser la somme de 6.000 FCFA pour établir quatre copies d’extrait de naissance. Après des semaines d’attente parce que les registres sont souvent introuvables. Dans la ville comme dans de nombreuses autres, presque tous les taxis roulent au gaz.

Tous ces faits graves sont de notoriété publique. De quoi a encore besoin le juge Zoro Bi Ballo ? SIGNALIS doit prouver son utilité.

Paul D. Tayoro

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