Le village de Gnéhiri, sous-préfecture de Nébo, département de Divo, peut être fier de ses cadres. Ceux-ci, après une bataille âpre, ont réussi à faire échec à un plan d’occupation des terres par des orpailleurs clandestins qui avaient entrepris de s’installer avec des complicités internes.
Dans le courant de l’année 2025, des personnes se présentant comme des envoyés de sociétés minières rencontrent la chefferie et promettent la réfection de l’école et du dispensaire du village, ainsi que de nombreuses autres donations. Condition, le village doit leur permettre de rechercher de l’or dans son périmètre. Ils assurent que leur activité est parfaitement légale et qu’ils disposent de toutes les licences du gouvernement.
Mais alors que l’on se prépare à les entendre plus en profondeur, les villageois constatent avec surprise, aux alentours du 10 mai 2026, qu’ils sont déjà à l’œuvre dans la brousse. Kouassi Djah Pierre, le président de la Mutuelle de développement du village de Gnéhiri… est alerté. Le samedi 6 juin, une réunion de sensibilisation est organisée. Le président de la mutuelle, Djah Pierre, et des membres de son bureau, sont présents.
De même que l’adjoint du commandant de la Compagnie de gendarmerie et l’adjoint du Commandant de la Brigade de gendarmerie de Divo. Ils informent les villageois réunis, sur les méfaits de l’orpaillage clandestin, ainsi que le caractère illégal de cette activité destructrice. « Tous les villageois ont marqué leur étonnement et ont fustigé la cupidité des certains fils du village, notamment certains notables véreux », explique le président de la mutuelle.
Le 21 mai 2026, une autre réunion a lieu à Nébo, dans les locaux de la sous-préfecture. La chefferie tout entière, les chefs de famille, le commandant de la brigade et un représentant des orpailleurs y prennent part. Après les discussions, la décision est prise de demander aux malfaiteurs d’arrêter leurs activités et de quitter les terres du village.
La mobilisation générale de la Mutuelle et des villageois qui s’en suit, permet à la gendarmerie de se rendre sur les terres convoitées et les orpailleurs sont priés de s’en aller sans délai. Gnéhiri dit non à l’orpaillage clandestin ! Mais des difficultés, il y en a eu. « L’opération avait été commanditée par certains fils du village et cautionnée par la Direction des mines de Divo. L’opérateur avait brandi une autorisation de la Direction des mines pour exploiter plusieurs hectares du canton Abouhiri, donc la sous-préfecture entière ».
Finalement, la victoire acquise, les villageois prennent l’engagement ferme de refuser toute initiative visant à développer des activités d’orpaillage illégal sur leurs terres. La Mutuelle de développement du village de Gnéhiri veille au grain. « Nous venons de loin, Après nous, tous les autres villages du canton auraient été touchés par cette catastrophe », retient le président Djah Pierre. Afin de préserver le canton Abouhiri qui referme également la sous-préfecture de Nébo, une fédération des mutuelles des différents villages est en gestation.
Paul D. Tayoro



