La décision du gouvernement d’instaurer un modèle électoral proche de celui du Sénégal est en passe d’être appliquée. Avec ou sans l’aval de l’opposition au sein de laquelle chaque tête forte semble vouloir faire cavalier seul. Depuis la séance d’information à laquelle le Premier ministre Beugré Mambé a convié les responsables politiques de l’opposition le lundi 22 juin 2026 à la Primature, les réactions solitaires fusent.
Dès le 26 juin, le PDCI-RDA a publié un communiqué pour émettre ses réserves. « Une réforme électorale n’est pas une réforme administrative ordinaire. Elle touche au fondement même du pacte démocratique. Elle concerne les règles qui permettront de désigner démocratiquement les gouvernants de notre pays. A ce titre, elle ne peut être élaborée unilatéralement par le seul pouvoir en place », fait-il remarquer, rappelant qu’il a déjà formulé une demande de concertation en vue de la mise en place du nouvel organe électoral.
L’ADCI d’Assalé Tiémoko a réagi le 25 juin, avec quatre conditions pour, selon lui, une réforme réussie du système électoral. Ces points concernent la publicité et la consultation des textes organiques, la composition des organes, la transparence numérique et la consultation des résultats.
L’église catholique, tout comme la plateforme de Simone Gbagbo, s’est déjà opposée à la présence de politiques dans cet organe. Mais Affi N’Guessan, président de la CAP-Côte d’Ivoire, même s’il met en garde contre les décisions unilatérales et regrette le manque de transparence, reste attaché à la présence des partis politiques dans l’organe électoral. Il l’a fait savoir le mardi 30 juin 2026, au siège du FPI, où la CAP-Côte d’Ivoire recevait la Plateforme, venue pour obtenir un rapprochement des positions. Et mobiliser toute l’opposition autour de l’idée de la création du Haut Conseil Electoral (HCE).
Le lendemain mercredi 1er juillet, la Plateforme était au siège du PDCI-RDA. Une équipe de haut niveau conduite par le vice-président Georges-Philippe Ezaley l’a reçue pour ce qui devait être une séance de travail. Le PDCI-RDA ayant reçu la proposition de la Plateforme depuis longtemps, celle-ci a été surprise de constater que le vieux parti n’a pas travaillé sur le sujet. Il n’avait donc rien à dire. Oubli volontaire ou stratégie ? On se perd en conjecture.
Le constat est que l’opposition peine à se mettre d’accord pour parler d’une seule voix. Là où tout le monde sait que seule l’union peut faire la force. Déjà, les délégués du RHDP affirment que le Parlement votera un projet de loi pour donner corps au projet du gouvernement. Il n’y aura donc pas de débat.
K. Bruno



