Par un décret signé depuis le 7 janvier 2026, le président Alassane Ouattara a procédé à la suppression de 12 Districts autonomes. Les ministres-gouverneurs concernés sont donc remerciés. Seuls les Districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro restent en activité.
Le Décret N°2026-05/2 du 7 janvier 2026, stipule que les Districts autonomes sont supprimés et que « les modalités du transfert des personnels et du patrimoine des Districts autonomes aux circonscriptions administratives et aux collectivités territoriales concernées seront déterminées par arrêté du Premier ministre ». Cette décision n’a bénéficié d’aucune communication et les uns et les autres s’interrogent les raisons de cette discrétion.
Les Districts autonomes ont été créés en 2021. Au nombre de 10, ils s’ajoutaient à ceux d’Abidjan et de Yamoussoukro pour porter le tout à 14. Les ministres-gouverneurs ont été nommés, des sièges ont été équipés et des personnels, recrutés. Mais en dehors d’augmenter un nombre déjà pléthorique de ministres, on n’a vu aucune trace de leur activité sur le terrain. « C’était juste pour récompense et caser des copains, des partisans », soutient C.K., un militant de l’opposition qui se demande à quoi ces Districts devaient servir.
« Tout le territoire national n’a pas encore été communalisé. On avait des Conseil généraux, proches des populations, qui ont été supprimés. Maintenant, il y a les Conseils régionaux. Fallait-il encore des ministres-gouverneurs ? », s’interroge-t-il.
En 5 ans, le caractère budgétivore de cette création s’est imposé. Des salaires ont été payés, des frais locatifs et d’entretien ont été engagés, de dépenses liées au « fonctionnement » se sont imposés. En toute inutilité. La création de ces 12 Districts autonomes se présente désormais comme une bourde qui n’aura servi à rien. S’il est juste de les supprimer, le silence qui a entouré la décision montre que personne n’a voulu justifier quoi que ce soit.
Paul D. Tayoro



