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AccueilActualitéBEN KPEYA (candidat malheureux aux Législatives de Kouibly) : « JE REVIENDRAI… »

BEN KPEYA (candidat malheureux aux Législatives de Kouibly) : « JE REVIENDRAI… »

Ben Kpéya Mohésséa, vice-président du District des Montagnes, était candidat aux élections législatives du 27 décembre 2025. Non élu, il explique sa vision, et les raisons de son échec à cette élection.

Malgré un soutien très fort, une grande popularité dans la région de Kouibly, vous n’avez pas réussi à remporter les dernières élections législatives. Comment expliquez-vous cette défaite ?

La défaite s’explique par plusieurs facteurs. Les parents n’ont certainement pas compris qu’il fallait changer fondamentalement. Vous savez que depuis 2000, le siège 092 à l’Assemblée nationale est constamment revenu au Front populaire ivoirien. Et qui dit Front populaire ivoirien, dit le président Laurent Gbagbo. Quoi qu’on dise, le président Laurent Gbagbo dans le pays Wê, continue d’être dans le cœur des populations. C’est un véritable challenge pour nous, les militants du MGC, de renverser la vapeur.

Deuxièmement, le RHDP, qui avait bataillé depuis ces 20 dernières années pour gagner ce siège, a misé sur ce qu’on a appelé la transhumance électorale. Tout le monde sait cela à Kouibly, des camions et des camions ont transporté des populations depuis Vavoua, depuis les villages limitrophes du département de Bangolo, pour les convoyer vers Kouibly, dans des villages qui sont proches de celui du candidat du RHDP.

C’est une réalité, et c’est ce qui a fait la différence au niveau de ces élections-là. Donc voilà, l’un dans l’autre, les éléments qui peuvent justifier cet échec.

 Quelle a été l’atmosphère de la campagne proprement dite ?

Il faut dire qu’il n’y a pas eu de violence, certes. Mais nous, nous avons eu le meilleur discours qui, en réalité, était très proche des paysans qui sont nos parents. Nous-mêmes, fils des paysans, nous sommes au parfum, nous connaissons les problèmes réels qu’ils vivent au quotidien.

Quels sont ces problèmes ?

Ils sont de plusieurs ordres. Nous avons pris trois éléments essentiels qui ont constitué l’ossature de notre discours de campagne. Ce n’était pas des paroles en l’air, mais c’est la réalité que vivent les parents dans les zones rurales. Le premier problème auquel ils sont confrontés, c’est le système du ticket. Le ticket consiste, pour le paysan, de vendre son produit à un pisteur, à un acheteur de produits qui prend le produit mais qui, au lieu de lui donner la rémunération attendue, ne lui laisse qu’un ticket. Et avec le ticket, il doit attendre que le pisteur ou l’acheteur reviennent un jour avec son argent. Généralement, ils gardent ces tickets dans leur portefeuille durant des mois et des mois, sans que le pisteur ou l’acheteur ne reviennent vers eux pour leur payer leur argent.

Deuxième problème, dans ce même système-là, il y a la question des ristournes. Les ristournes sont, en réalité, des rémunérations que l’État ou les grands groupes comme OLAM ou Cargill, payent aux acheteurs, pour le compte des producteurs, en vue d’entretenir leurs plantations. Mais les pisteurs véreux qui gardent par devers eux la production du paysan, gardent aussi la ristourne.

Double perte donc pour nos parents. Alors, nous leur avons proposé comme solution, la création de coopératives de producteurs de café ou de cacao. De sorte que la production, une fois réunie au niveau de la coopérative, soit directement vendue aux grands groupes industriels. Ce ne serait alors plus une affaire de tickets. L’argent serait payé au comptant. Et à la fin de la campagne, ils auraient droit à leurs ristournes pour faire face aux problèmes tels que ceux des puits hydrauliques villageois, de la construction de bâtiments pour la maternité ou pour l’école, etc.

Deuxième élément, il y a la question de l’insuffisance des résultats scolaires au niveau des lycées et collèges. On a remarqué que bon nombre d’élèves abandonnent les études pour retourner au village, pas parce qu’ils ne sont pas intelligents, mais en réalité, il y a la question de la nourriture, de la faim.

Les élèves quittent des villages qui sont très éloignés du Kouibly, le père se débrouille pour trouver un pied-à-terre où l’enfant va dormir, mais la nourriture fait défaut. Nous avons donc proposé à nos parents que la solution réside dans la construction d’une grande cantine scolaire pour permettre aux élèves de s’alimenter convenablement pour se consacrer entièrement à leurs études.

Alors, ce discours-là, les parents l’ont apprécié mais les résultats ne sont pas ceux que nous attendions, et voilà !

Et le troisième problème ?

Le troisième problème est celui des terres qui sont aujourd’hui entre les mains de certaines personnes qui n’en ont pas droit. Nous avons proposé à nos parents de nous confier la destinée de ce siège législatif pour qu’une fois élu, avec un certain nombre de députés, nous puissions introduire la proposition de loi qui créerait la Haute Autorité du Foncier qui, à notre sens, est la solution pour que les terres qui ont été confisquées, les terres qui ont été spoliées, puissent revenir à leurs propriétaires.

Malheureusement, les parents n’ont pas suivi le discours. Ils ont préféré, d’après eux-mêmes, acheter une lime ou une machette en prenant 2 000 FCFA d’un candidat. Voilà les trois éléments que nous avons développés.

Est-ce que vous pensez que la situation est donc à désespérer ?

Non, c’est juste notre première participation. Nous avons fait des propositions. Ceux qui nous ont suivis sur les réseaux sociaux ont fait des comparaisons avec les propositions des autres candidats. Et il nous revient que nous avions la meilleure vision pour sortir notre Kouibly de la léthargie. Donc nous ne pouvons pas désespérer.

Nous avons nos idées. Nous allons, après avoir récupéré un peu, retourner sur le terrain pour essayer de voir dans quelle mesure nous pouvons concrétiser certaines de ces idées, surtout au niveau de la création de coopératives. Si toutes les tribus ne peuvent pas créer des coopératives, on pourra faire des coopératives pilotes dans certains villages, afin de donner l’exemple et dire qu’on peut compter sur nous-mêmes et ne pas être à la merci des pisteurs véreux.

Les autorités administratives doivent prendre à bras le corps, cette question. C’est vrai que leur rôle n’est pas de créer des coopératives. Mais leur rôle aussi, c’est de sensibiliser, de lutter, de contribuer à la lutte contre la paupérisation des populations. Et pour nous, en milieu rural, la question des coopératives constitue une offre que les autorités administratives pourraient vendre auprès des paysans pour éloigner les bornes de la pauvreté.

Un message à l’endroit des populations de Kouibly qui, malgré tout, ne vous ont pas suivi dans leur vote ?

Moi, je suis leur fils, je ne désespère pas. On est ensemble jusqu’à la gare, comme le disent les jeunes gens. Je reviendrai vers eux et je leur ferai toujours de bonnes propositions. Ils me connaissent, je les connais, et donc on est ensemble. Je leur souhaite une bonne et heureuse année 2026. La lutte continue.

Interview réalisée par Paul D. Tayoro

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