Des images publiées le 2 janvier 2026 sur les réseaux sociaux ont montré Simplice Zinsou, l’ancien président de l’Africa Sports d’Abidjan sur les plateaux de Global Africa Telesud. Il a dénoncé la duplicité et l’ingratitude de ses anciens collaborateurs avant de déclarer : « Les dirigeants du football actuel à l’Africa Sports, ne sont pas à la hauteur de la situation ». Lui qui exige la condamnation de ceux qu’il juge responsables de la relégation du club en Ligue 2 pourrait également être interpellé pour « délit de rupture et désertion en période tempétueuse ».
Des aller et venu incessants
Simplice Popodonou de Messé Zinsou a quitté le club en 1997 en expliquant qu’il y a été contraint par un entourage hostile. Surnommé le « grand manitou » du temps de ses multiples séquences de gouvernances, il n’avait pas en face lui, de réels organes de contre-pouvoir.Le gendre de feu le président Félix Houphouët-Boigny est arrivé, en 1977, à l’Africa Sports en s’alliant à Sampah Louis pour écarter Guy Ayena alors président du Comité directeur. En1984, il annonce « se retirer ». Blé Lucien, Charles Légré et feu Sidibé Moussa, qui lui ont, tour à tour, succédé ont constamment eu des bâtons dans les roues jusqu’à son retour officiel en 1989.
Ensuite, il fait place à Meité Yaya et Koné Tiemikry. Ces derniers remportent la Coupe des coupes en 1992 mais drapés d’accusations diverses, ils sont évincés. Zinsou réapparait puis en 1994 effectue un nouveau revirement en disant : « Je me retire sur la colline ». Doré Lacina le remplace mais il ne tarde pas à resurgir. En 1997, s’estimant être combattu de l’intérieur, il a signifié sa mise en retrait aux membres d’honneur qui ont ouvert une période de transition dirigée par Koffi N’Guessan Pierre.
Cela a permis le retour de Doré Lacina au gouvernail. Le départ définitif de Simplice Zinsou sera acté en 1998. En 2026, 28 ans plus tard, il sort et traite les dirigeants actuels de l’Africa Sports « d’incompétents ». Le 9 novembre 2025, Me Guillaume Zébé a été élu président en remplacement de Kuyo Tea Narcisse qui n’a pas brigué un second mandat. C’est une alternance inédite, une révolution pour un club abonné aux « prises de pouvoir » par la friction ou par la dissension.
Maguy Serge, à propos de son transfert à Atletico Madrid : « Je ne sais pas où est passé l’argent »
Zinsou affirme : « Aucun de ces gens qui sont les théoriciens aujourd’hui ne m’a apporté 1 centime pour diriger le club. Je l’ai financé de 25 à 30 ans à 100% tout seul ». Par-là, l’on s’interroge si certaines personnalités du pays qui faisaient partie des membres d’honneur de l’époque sont restées inactives sur les contributions financières ? Par ailleurs, quel était, par exemple, le contenu du contrat de sponsoring liant le club à Texaco à l’époque ? Qu’en est-il du montant du transfert de Maguy Serge à l’Atletico Madrid en 1993 (estimé à 300 millions FCFA, record en son temps) ?
« Je ne sais pas où est passé l’argent. J’ai seulement signé le contrat à Madrid. Aucun compte rendu ne m’a été fait », expliquait le joueur en mai 2012 dans les colonnes d’un journal. Il ajoute ensuite avoir signé à l’Asec Mimosas, le club rival, dès son retour au pays pour « faire mal à Zinsou qui lui a fait du mal ». Finalement, Simplice Zinsou est parti du club sans l’once d’une amorce de développement alors qu’il disposait de tous les leviers nécessaires : Statuts et règlements intérieurs solides, intangibilité du processus électoral, société de gestion, siège et terrain d’entraînements. Tout est resté dans les limbes. Aujourd’hui, il reconnaît l’essor pris par l’Asec Mimosas sous l’impulsion de Roger Ouégnin.
Simplice Zinsou, le spécialiste des faux départs, botte en touche sa part de responsabilité dans l’instabilité qui a frappé le club après lui. Et pourtant !



