Déjà très critiquée, la dette publique ivoirienne va encore prendre l’ascenseur en 2026. Selon la loi de finances 2026 adoptée le 19 décembre 2025, le budget de l’exercice 2026 s’élève à 17.350 milliards FCFA.
Ce chiffre très optimiste laisse cependant entrevoir un endettement de 2.165 milliards FCFA, vu que le pays ne peut pas, à lui seul, boucler un tel budget. Les dépenses ordinaires sont de l’ordre de 6.698 milliards dont 2.853 milliards pour les salaires de la Fonction publique. A cela, il faut prévoir 1.758 milliards pour le service de la dette publique.
Ce budget prévoit 4.196 milliards pour les investissements publics. Cette enveloppe sera financée par le Trésor public à hauteur de 2.642 milliards FCFA et 1.554 milliards FCFA par des « ressources extérieures ». Non seulement on ne sait pas ce que sont les « ressources extérieures », mais l’on table sur un cours moyen du pétrole à 70,6 dollars le baril et un prix Caf du cacao à 3.100 FCFA le kilogramme, cotre 2.874 FCFA en 2025. 7.019 milliards FCA seront empruntés sur les marchés monétaires et financiers, dont 4.912 milliards FCA auprès du marché intérieur.
Parlant du cacao, il faut noter que le prix bord champ, pour la campagne 2025/2026, avait été fixé à 2.800 FCFA le kilogramme. Soit une augmentation de 1000 FCFA par rapport à la saison précédente. Cette annoncé faite tambour battant le 1er octobre 2025, n’aura provoqué qu’une joie de très courte durée parmi les planteurs. Ceux-ci se retrouvent désormais confrontés à un défi mafieux.
La campagne n’étant pas financée, les acheteurs leurs donnent des reçus que certains doivent conserver durant des mois. Une curieuse pratique est née : Les acheteurs proposent de livrer des motos ou d’autres engins aux planteurs à la place de l’argent attendu. Pire, si vous voulez votre argent à tout prix, votre produit sera acheté à un prix inférieur, non homologué. Dans d’autres cas encore, le cacao est acheté frais. A un prix encore plus bas.
Dans ces conditions, comment le gouvernement peut-il tabler, pour le budget 2026, sur un prix Caf du cacao à 3.100 FCFA le kilo ? Si la campagne 2025 n’a pas été correctement financée et que les planteurs continuent de broyer du noir, comment envisager un tel optimisme pour 2026 ?
Le moins que l’on puisse dire est que Le budget 2026 n’est pas un budget sécurisé.
Paul D. Tayoro



