Vice-président chargé de la coordination des activités du Mouvement des Générations Capables (MGC) dans les régions du Cavally et du Guémon, Ben Kpéya est candidat aux prochaines élections législatives à Kouibly. Il parle de ses chances de victoire.
Vous êtes candidat du MGC aux législatives de 2025, dans les régions du Kavali et du Guémon. L’opposition a-t-elle une chance devant le parti au pouvoir qui a fait une véritable razzia pendant la présidentielle ?
Oh, razzia ? Il faut mettre ça entre griffes. Tout le monde sait exactement ce qui s’est passé pour qu’on puisse parler de razzia. Mais bon, dans tous les cas, c’est une élection. Nous y étions et les problèmes auxquels on a été confrontés, ont fait que la contestation des résultats sortis de ces élections dans la région du Guémon et du Cavally, n’est pas possible parce que nous-mêmes, nous n’avons pas pu être dans les bureaux de vote pour des raisons évidentes.
Alors, nous allons à ces élections. Est-ce que le MGC ou l’opposition en général, a des chances de remporter des sièges ?
C’est une élection. Et comme toute élection, en dehors de la présidentielle qui se joue sur le programme des différents candidats, ici, l’élection législative, c’est dommage mais on vote le cousin, on vote le neveu. Et donc divers réseaux sociologiques interviennent dans l’élection des députés. Et là-dessus, l’opposition peut avoir son mot à dire.
Mais cette opposition va en rangs dispersés, elle a plusieurs candidats. Est-ce que ça ne l’affaiblit pas ?
C’est une réalité. C’est une des plaies de l’opposition ivoirienne qui n’a pas encore tiré les leçons de son émiettement. Alors, nous osons croire qu’au terme de cette législative-là, les partis de l’opposition pourront se retrouver pour poser les jalons d’une démarche politique qui puisse leur permettre de reconquérir le pouvoir d’État. Pour l’heure, l’opposition part avec plusieurs candidats dans les conscriptions.
Est-ce que ça ne va pas favoriser le parti au pouvoir ?
Je ne peux pas mettre ma main au feu par rapport à ça. Comme je l’ai dit tantôt, l’élection des députés est une élection qui se joue sur la base de divers réseaux sociologiques. Ce ne sont pas uniquement les militants qui accordent leurs voix au candidat, non. On peut être d’un parti, avoir son candidat et penser à votre pour son cousin ou son neveu qui est candidat. C’est une possibilité. Et sur la base de ces éléments sociologiques-là, je suis certain que l’opposition pourra glaner ici et là des sièges pour former, à l’Assemblée nationale, un groupe parlementaire. Et je pense que c’est ce qu’il faut viser.
La grande faille, pendant la présidentielle a été l’absence de personnel dans les bureaux de vote pour l’opposition. Est-ce que pour les législatives, cette faiblesse sera réparée ?
Le bilan des élections présidentielles a dû permettre aux leaders de savoir que si cela n’a pas été réparé, ça suppose que les candidats sont livrés à la vindicte populaire.
En réalité, il y a eu un recrutement de représentants, de superviseurs, comme on les appelle des délégués, dans les lieux et bureaux de vote lors de la Présidentielle. Ce qui a manqué, c’est le financement de ce personnel-là.
Désormais, quand un militant s’engage, il s’attend toujours qu’on finance, ne serait-ce que son repas ou son déplacement.
Est-ce que cela sera possible cette fois-ci ?
On n’a pas pu payer cela lors de la présidentielle. On n’a pas pu régler cela avant la campagne législative qui va s’ouvrir bientôt. Cela suppose qu’il y a une dette que les candidats des différents partis doivent payer pour s’attendre à avoir dans les bureaux de vote, les délégués qui ont déjà été mobilisés à l’époque.
Nous serons donc à la merci de ces gens-là, ou à tout le moins, nous risquons de ne pas avoir de représentants dans les bureaux de vote. Cela peut être un facteur limitant dans la dynamique de la conquête de la victoire.
Vous êtes candidat à Kouibly. Cet obstacle pourra-t-il être franchi dans le Cavally et le Guémon ?
Là où on attendait, pour la présidentielle, des millions de francs CFA qu’on n’a pas pu avoir, je ne suis pas certain qu’un individu puisse réunir tous ses fonds. Mais je pense qu’avec les parents, on pourra regarder cette question en profondeur pour limiter les dégâts. C’est vrai qu’on n’a pas d’argent à distribuer, on n’a pas d’argent à donner ici et là, mais nous avons nos camarades qui ont été dévoués à l’époque. Nous pourrons les mettre en confiance pour qu’avec le minimum, ils soient présents, même s’ils ne sont pas deux représentants par bureau.
Un message pour les parents de Kouibli ?
Alors, le message, il est simple. C’est vrai que Kouibly est une zone enclavée, sinistrée par le manque de routes, mais Kouibly, c’est tout de même une population qui est loyale, qui a toujours voté à gauche. Depuis 1990, la population de Kouibly a toujours voté à gauche. Cette population mérite que des fils dignes la représentent à l’Assemblée nationale. Et en parlant des fils dignes, la charité bien ordonnée ne commence que par soi-même.
A Kouibly, je n’ai jamais demandé de poste électif. Je suis même allé plus loin en m’effaçant en 2021, pour éviter de créer un clash entre les militants. J’ai préféré accompagner l’actuel député sortant, pour son élection.
Etant aujourd’hui dans des camps différents, chacun peut tenter de voir comment la population va apprécier sa candidature ou son message. Il s’agit plutôt de représenter cette population-là, et bien la représenter.
Cela ramène à la question de la division de l’opposition.
Oui, mais c’est à notre corps défendant. Nous avons privilégié, en son temps, des arguments de cohésion, de fraternité, et surtout des arguments politiques, de sorte que nous avons tenu à l’écart du parti au pouvoir.
La région du Guémon est dirigée par un président du Conseil régional affilié au parti au pouvoir. Et la mairie de Kouibly est tenue par un indépendant, mais qui, en réalité, est un membre du RHDP. Et donc, il n’y a que le député EDS reconverti en PPA-CI qui reste à gauche. Mais s’il se présente en tant qu’indépendant, je pense qu’on s’affrontera sur le terrain et nous allons voir ce que ça va donner.
Interview réalisée par
Paul D. Tayoro



