Les élections législatives du 27 décembre 2025 réservent un défi supplémentaire et sournois aux candidats. C’est celui des suppléants qui, dans plusieurs circonscriptions, traînent les pas et se font désirer. Alors que certains abandonnent au dernier moment, d’autres refusent carrément d’aller à ces élections pour accompagner les titulaires. Dans la plupart des cas, c’est la cour aux suppléants qui fait traîner la constitution des dossiers.
Et à deux jours de la date limite, bon nombre d’entre eux hantaient encore les couloirs des tribunaux pour obtenir un casier judiciaire ou un certificat de nationalité. « Nous avons jusqu’à minuit du mercredi 16 novembre 2025 », se rassure un candidat qui se trouvait dans le département d’Issia. Mais le suppléant qui avait accepté de l‘accompagner devait établir ses pièces à Divo. Un casse-tête chinois qui a été résolu grâce à de nombreux coups de fil et autant de transferts d’argent. Les plus intransigeants dans le refus sont ceux qui ont déjà vécu une mandature en qualité de député suppléant. Ils ne veulent plus vivre les humiliations et la précarité du mandat passé, à moins d’être encouragés par une puissante machine politique.
La situation des députés suppléants est, en Côte d’Ivoire, très délicate. Des députés sur papier, sans aucun pouvoir ni occupation et destinés à vivre de la seule générosité des titulaires. Juste l’écharpe pour soutenir le poids de la misère organisée. C’est seulement pour les belles photos des premiers jours. Et après, le trou noir. Dès le premier différend entre le suppléant et le titulaire, c’est la catastrophe pour le premier qui est immédiatement livré à lui-même.
Pire, il a les mains et les pieds liés. Il lui est impossible de quitter son « tuteur » en cours de mandat. Et après, il ne peut même pas se dresser contre lui dans les urnes. C’est un sacrifié ! Regroupés au sein du Conseil des suppléants députés de Côte d’Ivoire (CSD-CI), créé en juin 2021, ils se sont donné un porte-parole en la personne d’Amani Evariste. Celui-ci a confié le sort commun au Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH). Plusieurs rencontres avec les responsables de cette instituons n’ont presque rien donné.
Le mandat terminé, ils ne sont pas nombreux à vouloir remplier. Et c’est logique !
Paul D. Tayoro



