Dans une vidéo qui circule abondamment sur les réseaux sociaux, l’on peut voir un homme, menotté et ne présentant aucune menace, se faire maltraiter et jeter violemment dans un véhicule par des hommes en civil mais qui sont visiblement des éléments des forces de l’ordre de sécurité.
Cette scène qui provoque un vent d’indignation sur la toile, rappelle des faits passés beaucoup plus noirs. Elle est montrée dans un contexte rendu très sensible par l’imminence de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Une élection que chacun veut apaisée, mais pas sous le même angle. Pour l’opposition, une élection apaisée est une élection transparente, juste, avec une CEI réformée, et une liste électorale qui ne souffre d’aucune suspicion. Pour le pouvoir, il s’agit simplement d’une élection où personne ne rouspète.
Pour se faire entendre, l’opposition réclame un dialogue politique. Mais le pouvoir fait la sourde oreille et tient le fouet bien au chaud. Comme s’il se préparait à mater et si l’opposition se préparait à être matée. Cependant, si la démarche du pouvoir est clairement visible, celle de l’opposition l’est beaucoup moins. On la voit s’entredéchirer, minée par le clanisme, l’idolâtrie, la mégalomanie, l’impatience, l’égo surdimensionné et même l’affairisme.
Le pouvoir s’en aperçoit et rit parce qu’une opposition divisée est déjà affaiblie et perdante avant la lettre. Le pire est que l’opposition ivoirienne ne semble pas percevoir l’enjeu géopolitique de cette élection. Elle ne sait pas que la répercussion du scrutin du 25 octobre 2025 va bien au-delà des frontières nationales. Il est pourtant sans équivoque que la candidature contestée d’Alassane Ouattara n’aurait jamais été possible, sans l’aval du président de la République française. Comme en 1960, la métropole surveille et contrôle.
Selon des indiscrétions, s’il était, au début, opposé à une quatrième candidature, Emmanuel macron a dû plier devant les exigences existentielles de la France. Le pays broie du noir en ce moment. Après les engagements catastrophiques en Ukraine, la perte des trois pays de l’AES (Mali, Burkina Faso et Niger) constitue une des raisons de ses difficultés économiques actuelles. Plus d’uranium pillé pour l’énergie, plus d’or gratuit, plus de marché captif. L’AES a fortement fragilisé la France qui est désormais un pays très endetté, au bord de la banqueroute.
La Côte d’Ivoire, sa bouée de sauvetage, est un des territoires qui donnent encore un semblant de santé à la France. Et toujours selon nos sources, seul le candidat du RHDP lui garantit les mêmes privilèges du néo-colonialisme. Macron ne prend donc pas parti pour le droit, la justice ou toute autre considération morale. Il n’agit pas pour le bien des Ivoiriens, mais pour la France. Et la quatrième candidature a désormais le vent en poupe.
L’opposition ivoirienne prend-t-elle en compte cette réalité dans sa stratégie ? Est-elle réellement prête à faire face à la bourrasque qui pourrait frapper avec l’aval de la France qui est prête à tout pour contrer les velléités souverainistes de la majorité des Ivoiriens ? Pourquoi fait-elle le choix de la désunion devant la menace commune ? Est-elle consciente de sa responsabilité devant l’histoire ? Si elle ne prend pas en compte cette donne incontournable, elle joue avec le feu.
Paul D. Tayoro



