Dans une interview accordée au confrère 7Info, Simone Ehivet Gbagbo, présidente du MGC et candidate à la Présidentielle pour le compte de ce parti, réagit à l’annonce de la candidature du chef de l’Etat. Elle continue également de réclamer des réformes électorales pour des élections justes et apaisées.
LE PRESIDENT ALASSANE OUATTARA A ANNONCE SA CANDIDATURE A LA PRESIDENTIELLE DE 2025. QU’EST-CE QUE CELA IMPLIQUE POUR L’OPPOSITION ET LE PAYS EN GENERAL ?
Le président Alassane Ouattara a annoncé sa candidature. Cette candidature est donc celle du RHDP. Je considère qu’il y a des choses qui ne marchent pas bien dans notre pays. L’organisation des élections est quelque chose qui est prévu. Il y a des imperfections et nous avons demandé depuis longtemps, de s’asseoir, le gouvernement d’un côté, les partis politiques et les organisations de la société civile, que l’on s’asseye pour discuter autour du système électoral pour, ensemble, l’améliorer. Jusqu’aujourd’hui, nous n’avons encore rien obtenu.
La question de la candidature de monsieur Alassane Ouattara est une des questions que nous avons soulevées dans ce débat. Parce que nous considérons que monsieur Alassane Ouattara a fait deux mandats. Tout ce qu’il a fait après, est tombé dans l’illégalité. Et donc ce quatrième mandat l’enfonce dans l’illégalité. Il est important de s’asseoir et d’en discuter sinon nos règles ne sont pas respectées.

QUELLE IMPLICATION CELA VA AVOIR SUR L’OPPOSITION EN GENERAL ?
Mais l’opposition continue de revendiquer ce débat national. L’opposition continue de dire que le système électoral, tel qu’il est en train d’être implémenté, il n’est pas bon. Et que si nous voulons avoir des élections apaisées mais également des élections justes, il faut que nous nous asseyions, que nous réformions ce système. Et nous continuons de le dire.
Evidemment, vous allez dire : Mais cela vous met en difficulté puisque de toute façon ils ont déjà tout prévu. Et vous avez tellement raison ! Puisque lorsque nous regardons la manière dont les parrainages se déroulent, vous voyez bien qu’il y a des choses qui ne sont pas normales. Il faut donc qu’on s’asseye, il faut que nous discutions, gouvernement d’un côté, partis politiques d’un côté, organisations de la société civile de l’autre côté. Trois parties prenantes qui, ensemble, discutent pour améliorer le système. C’est ce je veux dire.
N’EST-IL PAS TROP TARD ?
Pour l’instant, je suis une personne très optimiste. Et très accrochée à l’optimisme. Le système électoral n’est pas bon et nous continuons de creuser ce problème. Là, nous avons pu obtenir une discussion avec le RHDP, les discussions doivent continuer avec le RHDP. Nous avons demandé que la société civile soit intégrée à cette discussion-là. Et Nous espérons que ces discussions vont aboutir aux réformes que nous réclamons. Nous sommes donc toujours partie prenante pour les élections. Mais nous continuons également d’insister sur le fait qu’il faut absolument que nous ayons une réforme du système électoral.

A TROIS MOIS DES ELECTIONS ?
Eh oui ! Nous en parlons depuis un an. Nous sommes à trois mois, mais nous ne désespérons pas.
UN MESSAGE AUX IVOIRIENS A L’OCCASION DU 65E ANNIVERASAIRE DE L’INDEPENDANCE DU PAYS ?
Je voudrais dire aux Ivoiriens que nous allons arriver à une fête pour commémorer l’indépendance nationale. Je leur souhaite une bonne fête. Mais je leur dis également que chaque fois que nous commémorons, nous nous souvenons que notre objectif final est d’arriver à une indépendance véritable de notre pays, à tous les points de vue. Au point de vue politiques, au point de vue économique, au point de vue juridique, au point de vue sécuritaire. Nous avons tous le devoir d’y accéder. Le travail n’est pas fini. L’indépendance elle-même, elle n’est pas totalement acquise aujourd’hui encore.
Propos recueillis par
Paul D. Tayoro



