« Si tu veux que ta commission arrive à Dieu, confie-la à la fumée », a dit Cissé Bacongo, chef de la délégation du RHDP lors de la rencontre avec la CAP-Côte d’Ivoire, le 16 juillet dernier au siège du MGC. Ce proverbe insinuait qu’il était productif pour la Coalition de confier son message à cette délégation qui a fait le déplacement sur instruction, a-t-il ajouté, d’Alassane Ouattara.
Le débat suscité par cette rencontre, anté et supra, est lié non à la légitimité des personnalités constituant la délégation, encore moins à la pertinence des points débattus, mais plutôt à l’attitude de trois des partis constituant la CAP-Côte d’Ivoire. En effet, le PDCI-RDA, le FPI et le PIP se sont opposés à cette rencontre avec l’argument que le dialogue souhaité était avec le gouvernement et non avec le RHDP, alors que la demande a bel et bien été formulée par la coalition et que cette dernière a entrepris une série de rencontres avec tous ceux qui peuvent lui permettre d’obtenir le dialogue politique et les reformes électorales souhaités.
Les deux premier cités ont même fait des déclarations, sur PDCI-TV, le jour de ladite rencontre, pour informer l’opinion nationale et internationale de leur position et de la raison qui les motive. Déjà, le 05 juillet à Yopougon, au nom de la CAP-Côte d’Ivoire, Dr Agoubli prévenait que la Coalition n’entendait pas tenir le dialogue politique avec le parti au pouvoir, mais plutôt avec le gouvernement ; suite aux propos d’un ministre du RHDP lors d’une émission télévisée, insinuant que la CAP-Côte d’Ivoire se débinait après l’accord du RHDP pour le dialogue tant souhaité.
Mais à y voir de près, est-ce que la délégation du RHDP est à considérer comme un appendice du gouvernement ? Est-ce que cette rencontre et celles qui suivront sont à maudire ? Est-ce que l’attitude de certains partis cache mal le début d’une implosion ou la fragilité de la coalition ? Doit-on s’attendre à une CAP-Côte d’Ivoire sans le PDCI-RDA qui est dans un Front commun avec le PPA-CI, dont le comité opérationnel a été présenté le même jour que la rencontre ? Parler avec le RHDP n’est-il pas un pas vers le gouvernement ?
Dans tous les cas, c’est dans la position dans laquelle l’éléphant est tombé que l’on le dépèce, dixit un proverbe de l’ouest ivoirien.
Prof. ADOU Amadou



