Théodore Holo, ancien ministre béninois des Affaires étrangères et ancien président du Conseil constitutionnel du Bénin, séjourne en Côte d’Ivoire pour rencontrer les forces politiques et institutionnelles du pays. A l’approche de la délicate élection présidentielle du 25 octobre 2025, il est le chef de mission de la Communauté de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Après s’est entretenu avec les officiels du pays, il visite depuis ce mercredi 2 juillet 2025, les partis politiques. Au siège du PDCI-RDA il s’est entretenu avec la CAP-Côte d’Ivoire conduite par Simone Ehivet Gbagbo. « Dans le cadre du protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, à l’approche des élections dans un pays et à la demande de ce pays, la CEDEAO envoie une mission préélectorale dont l’objectif est essentiellement de recueillir des informations sur les préparatifs relatifs à ces élections et voir l’assistance que la CEDEAO peut apporter pour qu’on puisse obtenir des élections libres, transparentes et paisibles », a-t-il dit à la fin des échanges.
Après l’Union Européenne, l’Union Africaine voici donc la CEDEAO au chevet de la Côte d’Ivoire. Mais cette dernière intervention est lourde en signification. Parce que la CEDEAO a une histoire avec ses voisins de l’AES, une histoire dans laquelle le nom du président Alassane Ouattara est inscrite en lettres grasses.
La CEDEAO veut défendre la démocratie dans la sous-région. Le voici donc de retour dans l’arène. Après avoir porté les gants de fer contre le Burkina Faso, Le Mali et le Niger pour ensuite se faire compréhensif et avenant devant la Guinée, les Ivoiriens ont le devoir impérieux de bien l’observer dans sa démarche. Parce que le chef de l’Etat ivoirien, celui même qui est le plus interpellé dans le jeu actuel, a joué les premiers rôles dans l’affaire des pays de l’AES.
A la tête de la CEDEAO, Alassane Ouattara a exhorté l’organisation à adopter une position très ferme contre ces pays. A telle enseigne que la sous-région s’est retrouvée au bord d’une guerre aux frontières du Niger et du Nigeria. Seules les mises en garde du Mali et du Burkina Faso ainsi que le soutien de toute la jeunesse africaine avide de souveraineté, ont fait reculer la belliqueuse CEDEAO.
Finalement, l’AES est née et s’est retirée de l’organisation, sans plier le moins du monde. L’effet obtenu par la CEDEAO est loin de ses désirs et les trois pays se portent visiblement bien dans leur lutte contre le terrorisme et pour la souveraineté.
Dans cette crise, le rôle de l’Etat ivoirien a été crucial. En Côte d’ivoire, le casier judiciaire de la CEDEAO n’est donc pas vierge. Pourra-t-elle parvenir à ses objectifs déclarés ? Aura-t-elle la force de ramollir celui qui la poussait au durcissement ? L’opposition ivoirienne est claire dans ses revendications : Réforme de la Commission électorale, dialogue politique inclusif pour trouver une voie à l’élection apaisée, audit de la liste électorale, entre autres.
Même si, au nom de la CAP-Côte d’Ivoire, Simone Ehivet Gbagbo s’est félicitée de voir la communauté internationale se mobiliser pour une solution à la crise déjà visible en Côte d’Ivoire, l’histoire de la CEDEAO l’oblige à en faire plus.



