La Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples a débouté le président Gbagbo dans sa plainte contre la Côte d’Ivoire pour violation de ses droits.
La décision est symbolique. Mais elle pourrait faire la joie des partisans de Ouattara et la peine de ceux de Gbagbo. La cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a, en son audience du jeudi 26 juin 2025 débouté Laurent Gbagbo des suites d’une requête engagée contre la République de Côte d’Ivoire pour la violation de plusieurs de ses droits dont le droit à l’égalité devant la loi et le droit à une égale protection de la loi, le droit à un procès équitable, le droit de participer librement à la direction des affaires de son pays et le droit de voter et d’être élu. L’Etat de Côte d’Ivoire ne s’est pas fait représenter au procès et n’a déposé aucune conclusion. L’arrêt de la Cour a donc été rendu par défaut.
Selon la Cour, Gbagbo n’a pas apporté la preuve d’un traitement inégalitaire ou d’une protection inégale devant la loi. Concernant sa radiation de la liste électorale, la Cour a estimé que la CEI s’est conformée aux dispositions légales et n’a donc pas violé les droits du plaignant. Mieux, « La Cour relève que le juge électoral s’est fondé sur une condamnation pénale considérée comme définitive pour apprécier la situation du Requérant ».
S’agissant du droit d’accéder librement aux fonctions publiques ainsi que le droit de voter et d’être élu, la Cour a décidé que l’Etat n’a pas violé le droit de participer librement à la direction des affaires publiques. « N’ayant pas constaté de violations à l’égard du requérant, la Cour a rejeté les demandes de réparations ».
Soro Guillaume ne s’en sort pas mieux. S’agissant de l’épuisement des recours internes, la Cour a noté que deux procédures pénales ont été ouvertes contre Guillaume Soro, Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul et N’Guessan N. René pour détournement de deniers publics, et aussi pour troubles à l’ordre public. La Cour a relevé que chacune des deux procédures pénales ouvertes étaient encore en cours en Côte d’Ivoire au moment où de l’introduction de l’instance devant elle. Elle estime donc que l’action a été prématurée. La requête est donc jugée irrecevable pour non épuisement des recours internes.
Sur les réseaux sociaux, les partisans du RHDP jubilent.
Mais l’Etat Ivoiriens avait depuis 2020, alors que le 25 septembre de cette année, la Cour avait donné raison à Laurent Gbagbo exigeant sa réintégration sur les listes électorales. « Et voilà que les mêmes, aujourd’hui, osent agiter une décision rendue en 2025, bien après le retrait effectif de la Côte d’Ivoire, pour faire croire que Gbagbo est juridiquement disqualifié », note-t-il sur sa page Facebook. En dénonçant une hypocrisie à ciel ouvert.



