À la fin du XIXe siècle, la progression française en Côte d’Ivoire rencontre une opposition organisée. À Bonoua, Kadjo Amangoua prend la tête des forces abouré lorsque les troupes coloniales atteignent la ville en 1894.
Son parcours témoigne d’un épisode marquant de la résistance locale face à une armée disposant d’un armement supérieur.
Bonoua, une ville organisée pour résister
En 1894, les forces françaises poursuivent leur avancée vers Bonoua. La ville dispose alors de moyens défensifs importants, notamment d’une palissade destinée à protéger ses habitants et ses combattants.
Le 16 novembre, l’affrontement prend une nouvelle dimension. Les troupes françaises attaquent la position abouré en deux colonnes. Elles disposent notamment d’une pièce d’artillerie de 80 mm, utilisée pour créer des ouvertures dans les défenses.
Commandés par Kadjo Amangoua, les combattants abouré tentent de tenir leurs positions. Mais l’écart d’équipement finit par peser sur l’issue des combats.
Les défenseurs se replient finalement. Après la bataille, la fortification ainsi que plusieurs villages sont incendiés par les forces françaises. L’épisode marque ainsi une étape importante dans la prise de contrôle militaire de Bonoua.
Kadjo Amangoua, de la résistance à l’exil
La défaite militaire ne met pas fin au parcours de Kadjo Amangoua. Deux ans plus tard, en 1896, il est arrêté avec plusieurs autres responsables de Bonoua, puis déporté au Gabon.
Loin de son territoire, il y reste jusqu’à sa mort en 1909. Son parcours s’inscrit dans une période où plusieurs communautés ivoiriennes s’opposent à l’avancée française.
L’histoire de Kadjo Amangoua rappelle ainsi que la conquête coloniale ne s’est pas déroulée sans résistance. À Bonoua, l’organisation de la défense et la mobilisation des combattants témoignent d’une volonté de préserver la ville face à l’offensive française.
Kevin AKA



