Les violences contre les éleveurs peuls prennent une nouvelle ampleur dans le centre-nord du Nigeria. Des groupes d’autodéfense, qui les soupçonnent de soutenir les jihadistes, auraient mené de nombreux raids meurtriers contre leurs communautés.
La situation inquiète particulièrement les acteurs humanitaires. Elle pourrait aussi alimenter un nouveau cycle de représailles dans une région déjà fragilisée par les affrontements entre agriculteurs et éleveurs.
Des communautés peules prises pour cibles
Dans l’État du Niger, des milices issues notamment des communautés kambari et bargawa ont attaqué plusieurs campements d’éleveurs peuls. Selon plusieurs sources citées par l’AFP, ces groupes auraient tué des habitants, emporté du bétail et incendié ou détruit des habitations.
Ces opérations seraient liées aux activités du groupe jihadiste Lakurawa. Après une série d’enlèvements attribués à cette organisation, les milices auraient accusé certains éleveurs peuls de lui apporter leur soutien.
Une source de l’ONU, citée par l’AFP, évoque environ 700 éleveurs peuls tués. Elle précise toutefois que ce bilan repose sur des témoignages recueillis localement et n’a pas pu être vérifié indépendamment par l’AFP.
Les violences auraient également poussé de nombreux éleveurs à quitter la zone d’Agwara. Certains se seraient réfugiés dans le district de Yauri, situé dans l’État voisin de Kebbi.
Pour rappel, les tensions entre agriculteurs et éleveurs ne sont pas nouvelles au Nigeria. La pression démographique, la diminution des terres disponibles et les effets du changement climatique ont réduit les espaces agricoles et les couloirs utilisés pour la transhumance.
Ces difficultés ont régulièrement provoqué des affrontements meurtriers entre populations sédentaires et éleveurs itinérants. Mais l’implantation de groupes criminels et jihadistes a ajouté une dimension sécuritaire au conflit.
Kevin AKA



