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ORGANISATION DES ELECTIONS  / QUE RESERVE-T-ON A LA COTE D’IVOIRE APRES LA CEI ?

Le Premier ministre Beugré Mambé a dirigé, ce lundi 22 juin 2026, une séance d’information consacrée à la proposition du gouvernement concernant la structure qui doit être mise en place à l‘effet d’organiser les élections en Côte d’Ivoire. Cette rencontre s’inscrit dans la suite de la décision prise le 6 mai 2026 par le Conseil des ministres et qui a dissout la Commission électorale indépendante (CEI).

Fortement critiquée de toutes parts, cette institution ne pouvait plus garantir des élections apaisées et acceptées de tous. A présent, il s’agit de ne pas se jeter dans les griffes de la panthère après avoir fui le lion.

Devant les représentants du COJEP, du MGC, du PDCI-RDA, du RHDP ainsi que d’autres partis, le chef du gouvernement a annoncé que la nouvelle vision prévoit trois entités distinctes. Et selon le Premier ministre Beugré Mambé, d’autres rencontres suivront, avec des débats francs.

« Le gouvernement travaille sur une architecture d’organisation des élections reposant sur trois piliers distincts chargés d’assurer la conduite du processus électoral. Premier pilier, un organe chargé exclusivement de l’organisation matérielle des élections. Deuxième pilier, un organe chargé du recensement des votes afin de s’assurer de la qualité et de la sécurité des résultats. Troisième pilier, un organe chargé de la supervision et du contrôle de l’ensemble du processus », a-t-il dit.

Le Premier ministre est convaincu que ce nouveau mécanisme garantira la perfection du scrutin et consolidera la confiance du peuple ivoirien. Les participants à la rencontre ont apprécié. Mais tous attendent la suite qui sera marquée par d’autres rencontres et des débats que l’on imagine houleux. Et, si le gouvernement ne s’arc-boute pas sur sa propre proposition, il y a de fortes chances que cette mouture soit profondément modifiée.

Le gouvernement n’a pas, en effet, commencé par le commencement. Il aurait pu convoquer un dialogue national afin de prendre toutes les propositions avant d’en sortir un texte unifié qui serait ensuite discuté. Mais il a préféré donner sa position avant tout. Que se passera-t-il s’il n’est pas suivi par les autres acteurs politiques, notamment de l’opposition ?

L’église catholique et les autres dénominations chrétiennes ont déjà fait connaître leur position. Ils militent pour une structure totalement débarrassée des politiques. Et l’opposition amenée par Simone Ehivet Gbagbo souhaite, pour les responsables de cette institution chargée d’organiser les élections, un statut près particulier comme au Ghana. Ou même une structure semblable à celle du Canada.

Dans ces pays, l’institution qui conduit les élections est totalement souveraine. Et ses premiers responsables sont nommés à vie, ce qui les met à l’abri de toute pression. Mieux, ils bénéficient d’une autonomie financière totale pour mener à bien leur mission.

Ces personnalités sont, selon ce que propose l’opposition, désignés parmi des hommes et des femmes de la société civile qui n’ont aucune accointance avec le milieu politique. Désignés par l’Assemblée nationale, ils sont éliminés en cas du moindre soupçon de liaison avec un parti ou une organisation politique.

Ce projet a fait l’objet d’une très large communication et chaque citoyen en sait quelque chose. Pourquoi, sans avoir consulté personne, le gouvernement choisit-il de s’en éloigner ? Les débats promis, seront-ils suffisamment ouverts pour permet l’émergence de schémas différents ? Là se trouve le nœud. En attendant, les participants se veulent vigilants.

Déjà, le Simone Gbagbo et ses alliés organisent une conférence de presse ce jeudi 25 juin 2026, pour faire connaître leur position. Une tournée nationale est même prévue pour prendre le peuple à témoin, en cas de blocage. Et le blocage se profile à l’horizon. 24 heures après le discours du Premier ministre, alors que les parties prenantes attendent des éléments de réflexion et le calendrier des discussions, le RHDP a déjà produit un communiqué officiel pour soutenir la proposition du gouvernement. Comme s’il voulait dire que toute remise en cause de ce qui a été dit est interdit.

Paul D. Tayoro

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