Le retrait des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Cour pénale internationale (CPI) continue de susciter des réactions. Pour Ibrahim Traoré, cette décision répond à un constat sur le fonctionnement de l’institution.
Le président burkinabè affirme désormais que les événements confortent la position adoptée par les pays de l’AES. Il conteste notamment l’impartialité de la justice pénale internationale.
Ibrahim Traoré remet en question le fonctionnement de la CPI
Dans ses déclarations, Ibrahim Traoré estime que la CPI s’inscrit dans un système de domination internationale. Le chef de l’État burkinabè affirme que son pays ne souhaite plus dépendre d’une institution qu’il considère comme étrangère à ses propres intérêts.
Pour défendre cette position, il évoque plusieurs conflits internationaux. L’Irak et la Libye figurent notamment parmi les exemples cités par le président du Faso.
À propos de l’intervention en Irak, il a mis en avant les conséquences humaines de la guerre. Il s’est également interrogé sur l’absence de poursuites contre certains responsables occidentaux associés à cette intervention.
Ibrahim Traoré a aussi évoqué la crise ivoirienne. Il rappelle que Laurent Gbagbo avait été transféré devant la CPI avant d’être acquitté et libéré plusieurs années plus tard.
Selon le président burkinabè, cette affaire soulève des interrogations sur la capacité de la CPI à traiter les responsabilités liées aux violences ayant fait plusieurs milliers de victimes en Côte d’Ivoire.
Le Burkina Faso assume une rupture avec les institutions jugées dominantes
Pour Ibrahim Traoré, le retrait de la CPI ne constitue qu’une partie d’une démarche plus large. Le président burkinabè affirme que les pays de l’AES souhaitent désormais renforcer leur autonomie institutionnelle.
« Nous ne cherchons même pas à avoir raison. Nous avons fait un constat », a-t-il déclaré, avant de remettre directement en cause le rôle de la CPI.
Le chef de l’État estime également que les pays de l’AES disposent de leurs propres mécanismes judiciaires. Il défend ainsi l’idée de pouvoir juger les personnes qui enfreignent leurs lois sans dépendre d’une institution extérieure.
Cette position s’inscrit dans le discours de souveraineté porté par les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Les trois pays ont progressivement renforcé leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel.
Pour Ibrahim Traoré, la décision concernant la CPI relève donc d’un choix politique assumé. « L’histoire nous donnera raison », a-t-il notamment affirmé.
Kevin AKA



