« La préservation des revenus des producteurs impose des approches innovantes de mobilisation des ressources. » C’est le message fort lancé, ce mercredi 24 juin, par le directeur général du Conseil Coton-Anacarde-Karité, Mamadou Berté, à l’ouverture de l’atelier consacré à la valorisation du potentiel carbone de la filière anacarde.
Pour le responsable, le marché du carbone représente une nouvelle opportunité de financement capable de renforcer durablement la compétitivité de la filière. Il a rappelé qu’en 2025, la Côte d’Ivoire a produit plus de 1,5 million de tonnes de noix brutes de cajou, dont 43 % transformées localement, avec une capacité industrielle dépassant 830 000 tonnes par an.
Afin d’accompagner cette transition, le Conseil entend agir sur cinq priorités : la valorisation de la biomasse des vergers, le développement des énergies renouvelables, la gestion durable des déchets, l’adaptation au changement climatique et la restauration des sols. Le Centre de valorisation des coques de cajou en construction à Yamoussoukro illustre cette ambition en faveur de la bioénergie et de l’économie circulaire.
Partenaire de l’initiative, la Banque mondiale a présenté les résultats d’une étude révélant le fort potentiel de la filière en matière de crédits carbone. Selon l’institution, la production de biochar à partir des coques de cajou permettrait de transformer un sous-produit peu valorisé en une ressource à forte valeur ajoutée, tout en améliorant la fertilité des sols et en favorisant la séquestration durable du carbone.
L’atelier vise également à familiariser les acteurs de la filière avec les mécanismes de financement carbone et à jeter les bases d’une stratégie nationale de valorisation du potentiel carbone de l’anacarde, afin de conjuguer performance économique, protection de l’environnement et amélioration des revenus des producteurs.
Gervais N’Guessan



