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INSALUBRITE / POURQUOI ABIDJAN SENT SI MAUVAIS

Le ministre de l’hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité, Amédé Kouakou, a rencontré le lundi 1er juin 2026, les acteurs impliqués dans la gestion des ordures ménagères. Avec fermeté, il leur a demandé de tout mettre en œuvre pour que les déchets qui jonchent les rues d’Abidjan et des villes de l’intérieur du pays, disparaissent au plus vite.

Le constat, en effet, est clair. Les ordures et les mauvaises odeurs ont de nouveau colonisé la capitale économique, menaçant le bien-être et la santé des populations. En cette saison de grades pluies, avec les caniveaux bouchés et les canalisations obstruées par des constructions anarchiques ou des tas d’immondices, la vie des citoyens ne tient qu’à un fil.

L’agence nationale de gestion des déchets (ANAGED) semble dépassée, alors que les entreprises engagées sur le terrain et leurs sous-traitants, évoquent des problèmes d’ordre pratique. « Lorsqu’un camion censé effectuer quatre voyages, n’en réalise finalement qu’un seul à cause des blocages au niveau du centre d’enfouissement, toute la chaîne est paralysée », explique un des responsables.

« Dans trois jours, Abidjan doit revenir propre », avait lancé le ministre. Sera-t-il entendu ? deux jours après son injonction, aucun mouvement de camion de ramassage n’est encore visible dans les quartiers de la ville. Indéniablement, la consigne du ministre Amédé Kouakou a du mal à être respectée. Le mal est donc plus profond qu’il ne semble. Les collectivités locales qui étaient chargées, depuis des décennies, d’enlever les ordures, peinaient déjà à remplir cette mission, faute de budgets conséquents. Au lieu d’y remédier, l’on a préféré signer des contrats avec des entreprises étrangères qui, elles-mêmes, emploient des sous-traitants locaux. Comme on le voit, le succès n’est toujours pas au rendez-vous.

La gestion des ordures ne devrait jamais être une situation d’urgence. Une politique bien pensée devrait insister sur la séparation des déchets, notamment les plastiques, les biodégradables, les métaux et les autres. La solution viendrait du recyclage. Pourquoi ne pas encourager et promouvoir tous les projets de transformation des déchets plastiques ? Pourquoi ne pas fabriquer des compostes et autres engrais avec les produits comme les peaux de banane ? Pourquoi ne pas rendre effective l’interdiction d’importer les granulés servant à la fabrication des sachets et bouteilles en plastiques ?

Grâce à la transformation, on peut réutiliser les anciennes bouteilles et les anciens sachets en plastique pour en faire de nouveaux produits. On peut aussi produire des pavés pour nos voies. Mieux, il est possible de faire des sachets et des bouteilles en plastique biodégradables à partir des « éponges » qui poussent naturellement dans les villages et qu’on pourrait planter. A prendre également en compte, la lutte contre l’incivisme.

Comme on peut le voir, le problème de la salubrité est pluriel. Il faut l’attaquer en tant que tel, avec courage et détermination, sur tous les fronts.

Paul D. Tayoro

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