En prélude à la 5ᵉ édition du festival “Nawa Ma Région”, prévue les 10, 11 et 12 juillet prochains à la place Donwahi de Soubré, un panel-conférence consacré à la problématique des grossesses en cours de scolarité s’est tenu le mercredi 13 mai 2026, à la salle Adou Jacques du Collège Moderne BAD de Soubré.
Placée sous le thème « Les grossesses en cours de scolarité : cas de la Nawa », cette rencontre a réuni élèves, parents d’élèves, encadreurs pédagogiques et acteurs du système éducatif, autour d’un phénomène devenu préoccupant dans la région.
Au cours des échanges, les panelistes ont analysé les causes profondes et les conséquences de ces grossesses précoces qui compromettent l’avenir scolaire de nombreuses jeunes filles. Le sociologue, Docteur N’Guessan Roméo, a mis en exergue les facteurs sociaux, économiques et culturels à l’origine du phénomène. Il a notamment pointé du doigt le matérialisme, les mauvaises fréquentations ainsi que l’influence des réseaux sociaux. « Les jeunes sont exposés à des contenus inappropriés qu’ils prennent pour modèles. Sans encadrement, cela peut gravement impacter leur avenir », a-t-il déploré.
Pour sa part, Arsène Gogoua, chef de service du Centre d’écoute et de conseil/Cellule sociale (CEC/CS) de la DRENAET de Soubré, a insisté sur le rôle central des parents dans l’éducation sexuelle des enfants. Selon lui, le deficit d’éducation sexuelle de nos enfants favorise la désinformation et expose davantage les adolescents aux risques.
Intervenant également, Sœur Edwige Boka, sage-femme et assistante technique en planification familiale et santé de la reproduction, a mis en lumière les lourdes conséquences de ces grossesses en milieu scolaire. Elle a évoqué, entre autres, l’abandon des études, la stigmatisation sociale et les difficultés économiques auxquelles font face les jeunes filles concernées. Elle a ainsi appelé à une mobilisation collective pour inverser la tendance dans la région de la Nawa.
Ainsi dans une dynamique d’engagement, les jeunes filles de la Nawa ont, pour leur part, exprimé leur volonté de relever ce défi en privilégiant leurs études et en adoptant des comportements responsables.
À travers cette initiative, les organisateurs du festival entendent sensibiliser davantage les populations sur les défis sociaux majeurs affectant la jeunesse. La lutte contre les grossesses en cours de scolarité apparaît ainsi comme une priorité pour garantir un meilleur avenir éducatif aux jeunes filles. « La sensibilisation ne s’arrête pas aux portes de cette salle. Je vous exhorte, chères participantes, à devenir des ambassadrices de ces bonnes pratiques auprès de vos familles et de vos communautés », a exhorté, Tapé Aristide dit Asco de Monaco, Commissaire général du festival.
Gina GBAVONHI



