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APRES LA DISSOLUTION DE LA CEI / VOICI CE QUI SE PREPARE

Après l’annonce, le 6 mai 2026, de la dissolution de la CEI, les Ivoiriens attendent avec impatience de voir la structure qui va remplacer la défunte. Les différents états-majors sont en concertations pour proposer ce qui, selon tel ou tel, pourrait faire l’affaire. Ceci, pour que les élections ne soient plus des moments de troubles et de morts (dixit Affi N’Guessan).

Le gouvernement a déjà sa petite idée qui a fuité dans la presse sans avoir été, au préalable, discutée par les acteurs politiques et de la société civile. Il y a donc peu de chance qu’elle plaise.

Le gouvernement aurait opté pour l’exemple sénégalais. L’organisation matérielle des élections serait confiée au ministère de l’Intérieur, via une Direction chargée des élections. A côté, une structure indépendante serait chargée du contrôle, de la supervision et de la garantie de la régularité du processus.

Ce régulateur électoral serait majoritairement composé de magistrats de haut rang, de hauts fonctionnaires à la retraite, d’experts électoraux et de représentants de la société civile sélectionnés pour leur profil apolitique. Sa mission serait, avant tout, de surveiller les différentes étapes du processus, notamment la révision du fichier électoral, la distribution des cartes d’électeur, l’ouverture des bureaux de vote, le déroulement du scrutin et la centralisation des résultats. Le tout avec pouvoir d’alerte, de contrôle et d’exigence de correction en cas d’irrégularités constatées sur le terrain.

Dans sa présentation, ce projet peut sembler séduisant. Mais il souffre déjà de plusieurs maux. D’abord, a-t-on pensé au caractère absolument consensuel que doit avoir une telle proposition, dans un pays qui peine à sortir du cycle des violences électorales ?  Quelle lecture fait-on des nombreuses dénonciations de l’opposition sur le fonctionnement de l’ancienne structure ? Ne risque-t-on pas de ramener les mêmes défaillances en changeant simplement le décor ?

Seul un dialogue politique incluant les acteurs politiques et les organisations apolitiques de la société civile, devrait produire une proposition viable et acceptée de tous.

Selon le PPA-CI, « la véritable question n’est pas la disparition de la CEI, mais ce qui la remplacera ». Simone Ehivet Gbagbo, présidente du MGC, exige « une indépendance totale, sans influence politique, et une participation équilibrée de toutes les sensibilités ». Comment ramener toutes ces sensibilités ensemble si une rencontre n’est pas organisée ?

Avec raison, Affi N’Guessan appelle le gouvernement à ouvrir un dialogue politique pour refonder le système électoral avec la société civile. Depuis quelques jours, Simone Ehivet Gbagbo est en concertation avec plusieurs organisations politiques afin peaufiner une proposition prenant en compte les sujétions déjà faites avant l’élection présidentielle d’octobre 2025. A l’époque, l’opposition n’avait pas du tout été écoutée. Si cela se répète, cette dissolution de la CEI reviendrait à jeter le bébé avec l’eau du bain. Le bain est bon, mais après ?

Paul D. Tayoro

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