Dans une interview accordée à Télésud à Paris Simplice de Messe Zinsou ancien président de l’Africa Sports d’Abidjan est revenu sur le chapitre « Aiglons » qu’il avait déjà jugé définitivement clos au moment de son départ en 1998. Selon lui, le club patauge aujourd’hui dans la Ligue 2 qui représente « les eaux boueuses du championnat de Côte d’Ivoire ».
En clair, l’image du club est ternie par cette situation provoquée par des personnes qui doivent répondre de leurs actes devant la justice. « Ceux qui ont entraîné le club jusqu’en 2e division sont coupables. Ils doivent être jugés et condamnés pour avoir conduit le club dans les bas-fonds du football africain », dit-il.
Ensuite, il réagit une première fois sur la question de la solution à apporter pour sauver l’équipe : « Il faut demander à ceux qui ont dirigé le club depuis que je suis parti. Ce sont les mêmes jeunes gens que j’avais auprès de moi qui ont repris le club pour assouvir leurs ambitions personnelles ».
Enfin, il dénonce leur manque d’engagement durant sa présidence : « Aucun de ces gens qui sont les théoriciens aujourd’hui ne m’a apporté un centime pour diriger le club. Je l’ai financé près de 25 à 30 ans à 100% tout seul ». Il en profite pour relever la stabilité et la sérénité qui ont contribué au développement de l’Asec Mimosas le club rival qui est « un exemple à suivre ».
Sur les perspectives d’avenir des Vert et Rouge, il propose enfin une solution: « Il faudrait une nouvelle génération de dirigeants qui n’est pas impliquée dans notre passé. Il faudrait des gens plus honnêtes, plus sobres. Il faut un Samuel Eto’o pour faire le ménage là-bas. Il peut d’ailleurs, puisque sa femme est ivoirienne. Il peut venir ».
Avant son départ, Simplice Zinsou affirmait être lassé et exaspéré par les conflits internes. Il avait finalement lâché les rênes de la présidence des Oyé sur fond de crise de prééminence avec d’autres dirigeants déclarés ou non. Après lui, la plupart de ses successeurs dont par exemple Doré Lancina, Alain Richard Donwahi, Kuyo Tea Narcisse, Koné Cheick Oumar ou Alexis Vagba ont connu des gouvernances tumultueuses. Ils ont quitté le navire à leur tour sans avoir trouvé la solution aux différentes tempêtes.
Mais, plusieurs questions restent sans réponse : pourquoi Simplice Zinsou parle-t-il, à nouveau, de l’Africa, 27 ans après son départ ? Pourquoi maintenant ? Que cherche-t-il au moment où un nouveau président vient-il à peine de prendre fonction ? Paroles déstabilisatrices ou volonté uniquement de régler des comptes ? Et si tant est qu’il s’agit de régler des comptes, les personnes qui « lui ont pourri la vie comme pas possible » ne sont plus en fonction ? Alors, que cherche-t-il réellement puisque ces derniers sont soit décédés, soit se sont éloignés du club ? Le timing cache quelque chose…



