Ivoiriennes, Ivoiriens
Chers Compatriotes
Chers militants et sympathisants de Génération et Peuples Solidaires
L’année qui s’achève aura été, pour notre pays, une année de fractures profondes : fracture politique, fracture sociale, fracture morale. Une année au cours de laquelle le pouvoir en place a, trop souvent, choisi la fuite en avant plutôt que le dialogue, la contrainte plutôt que l’écoute, l’exclusion plutôt que la réconciliation.
Les consultations électorales organisées sans consensus ni équité ont aggravé la crise de confiance entre l’État et le peuple. Les taux massifs d’abstention, les contestations généralisées et la répression qui s’en est suivie parlent d’eux-mêmes. Dans notre pays, les élections ont cessé d’être ce qu’elles devraient toujours être : un moment de choix libre et démocratique. Elles sont devenues, hélas, un facteur d’instabilité durable.
En cette fin d’année, mes pensées vont d’abord vers nos compatriotes injustement emprisonnés, vers celles et ceux contraints à l’exil, vers les familles endeuillées, vers toutes les victimes d’une violence politique qui s’est désormais installée comme un mode de gouvernement. Rien ne justifie que l’on emprisonne ses opposants pour les faire taire, que l’on divise un pays pour se maintenir au pouvoir, que l’on utilise les forces de sécurité pour réprimer son propre peuple.
Et pourtant, je le dire avec clarté : si la situation est grave, elle n’est pas sans issue.
Malgré la cherté de la vie, malgré le chômage qui frappe durement les jeunes, malgré des inégalités sociales devenues criantes, les Ivoiriens continuent de faire preuve d’une dignité et d’un courage remarquables. Chaque jour, dans nos quartiers, dans nos villages, dans la diaspora, je vois cette force silencieuse à l’œuvre. C’est elle qui me donne confiance en l’avenir de notre pays.
L’année 2026 doit être une année de clarté politique et de responsabilité collective. L’opposition ivoirienne n’a plus le droit à la dispersion, aux querelles d’ego ni aux calculs à courte vue. Notre peuple attend mieux. Il attend une alternative crédible, unie, organisée, porteuse d’un projet clair de démocratie réelle, de justice sociale et de souveraineté nationale.
A Génération et Peuples Solidaires, je veux m’adresser avec franchise : notre combat est juste. Il est difficile, oui. Il est éprouvant, parfois. Mais il est nécessaire. Les départs, les doutes, les épreuves ne doivent jamais nous faire perdre de vue l’essentiel. Les grandes transformations de l’histoire sont toujours l’œuvre d’hommes et de femmes de conviction, capables de tenir dans la durée, même lorsque le chemin se fait plus étroit.
Aux jeunes de Côte d’Ivoire, je veux dire ceci : votre avenir ne doit pas être confisqué. Vous n’êtes pas nés pour survivre dans la précarité, ni pour risquer votre vie sur les routes de l’exil. Vous êtes nés pour construire, ici même, une nation à la hauteur de vos talents et de vos rêves.
Aux femmes de Côte d’Ivoire, je veux rendre hommage. Votre courage quotidien, souvent invisible, est l’un des piliers silencieux de notre société. Aucun projet sérieux de transformation nationale ne pourra réussir sans vous.
Chers compatriotes,
L’espérance que je vous propose n’est ni naïve ni utopique. Elle repose sur une conviction profonde, forgée par l’expérience : aucun régime fondé sur l’injustice, la peur et la division ne peut durablement triompher d’un peuple conscient, debout et uni. La Côte d’Ivoire mérite mieux. Et ce mieux est à notre portée, si nous avons le courage de le construire ensemble.
À chacune et à chacun d’entre vous, je présente mes vœux de courage, de dignité et de confiance en l’avenir.
Bonne et responsable année 2026.
Guillaume Kigbafori Soro
Ancien Premier ministre
Ancien Président de l’Assemblée nationale
Président de Générations et Peuples Solidaires (GPS)



