Ceux qui disent que la France n’a rien fait ou que la France doit rester je leur dis ceci: Moi j’ai été au front avec eux, j’ai mangé avec eux, j’ai patrouillé avec eux, j’ai écouté leur radio.
Ce que j’ai entendu, si vous vous étiez là, vous alliez tirer sur eux. Quand on était sur un terrain les français nous mettaient devant et en cas de non-danger on criait: R.A.S.
Et au cas où on tirait sur nous, ils disaient : « c’est ça la guerre hein » ! Beaucoup de Maliens tombaient devant nous et on ne pouvait rien dire.
Il te suffisait de te révolter et le lendemain, Bamako te rappelait. Si 100 militaires Maliens mourraient, un seul français tombait ou zéro perte côté français.
Je me rappelle de ce fameux jour où on était à 5 kilomètres de Kidal, on voyait déjà les rebelles reculer. On s’est dit : « Kidal va tomber ». Et en moins de 15 minutes, un lieutenant-colonel vient nous annoncer qu’on est interdit de rentrer à Kidal. Quatre de mes camarades et moi, on a voulu forcer et désobéir à la France.
Quand on avançait, ils ont dit clairement: << un pas de plus et vous aurez chacun une balle dans la tête >>. Ce jour-là, j’ ai pleuré comme un bébé.
Et j’appelle nos supérieurs à Bamako. Leur seule réponse est : << il faut rester derrière la france >>.
Le lendemain, on voit ces Français ravitailler les rebelles devant nous. J’ai même fixé un d’entre eux dans les yeux et il a souri pour se moquer de moi.
Après le ravitaillement et le don de 8 véhicules pick-up, ces Français nous ont dit qu’ils l’ont fait pour la paix entre Azawad et le Mali. Je me suis encore révolté, c’est dans ce contexte que j’ai été livré à ces rebelles un jour.
Ils avaient donné notre position afin que mes collègues révolutionnaires et moi soyons arrêtés. Et effectivement, nous avons été arrêtés. A la radio, j’entendais : « bravo et les autres gama dans le panier. Mission réussi … ». C’était le code avec ces Français. Nous nous sommes dit : << c’est fini pour nous>>. Je me suis mis à penser et j’ai su c’est une fierté de mourir pour son pays. Et je riais.
Un jour comme ça, on nous annonce qu’on sera libérés. Le nombre de généraux, de colonels français qui appelaient par jour, était inestimable.
A mon retour, je vois qu’on me donne des formations, des grades.
Le Mali a toujours été ma priiorité et tout le monde le sait dans l’armée. Moi, j’ai appris à protéger mon pays et, déjà, je connais le nord comme ma poche. Et je sais qui sont ces Français et ils savent qui je suis.
Je suis un commando hyper formé. Je suis aussi un homme toujours prêt. Si vous voyez qu’on ne largue pas les bombes sur ces djihadistes, c’est parce que quand ils prennent un village en otage, ils se servent des femmes et des enfants comme bouclier. Pour celui qui ne connait pas la guerre, comment voulez-vous qu’on largue des bombes sur un village ? Vous oubliez qu’il y a des femmes et des enfants ?
Vous oubliez que ces femmes et ces enfants sont des innocents ? Dans une guerre, il faut être purement stratèges et prudents.
Je vous promets que le Mali sera libre. Avec mes collègues, nous allons libérer le Mali. On vient de loin et nous ne sommes pas des politiciens. Nous sommes des libérateurs. Celui qui veut, qu’il comprenne. Celui qui ne veut pas qu’il aille au front pour assister aux phénomènes. Nous avons une terre très riche et très immense.



