Lors d’une interview avec le journaliste Alain Foka le mercredi 22 octobre 2025, l’ex-président ivoirien a annoncé qu’il démissionnera de son poste de président du PPA-CI à la prochaine convention de son parti. Sans toutefois révéler le non-dit de cette annonce précoce. Une nouvelle que la majorité de l’opinion publique considère comme une retraite politique en cette période électorale très tendue.
La Constitution ivoirienne de 2016, étant la continuité de la précédente, Laurent Gbagbo, connu pour être un grand légaliste, ne compte pas être au pouvoir et rester chef de parti politique. Il n’est certes pas explicitement mentionné que le président de la République n’est pas autorisé à être chef de son parti politique mais selon les juristes, cela est nécessaire pour préserver l’unité nationale. C’est peut-être la véritable raison de l’annonce de la démission prochaine de Gbagbo du poste de président, à la prochaine convention du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPACI).
Plusieurs sujets ont été abordés Lors de son dernier entretien avec le journaliste camerounais Alain Foka. Mais c’est l’annonce de sa démission qui a fait et continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Une annonce qualifiée de fin de la carrière politique de celui qui est considéré comme le père de la démocratie dans son pays. Ce qui a conforté cette conclusion, c’est lorsque le Woody de Mama a fait savoir qu’il est temps de s’occuper de lui de sa petite famille et d’écrire ses livres.
Il faut pourtant analyser ses propos avec beaucoup de pincettes. On sait que cet homme est une véritable bête politique. Son compagnon de lutte, Abou Drahamane Sangaré, disant de lui : « quand on pense que Laurent Gbagbo est fini, c’est là qu’il renaît plus fort ». Il faut également se rappeler que lors de l’opération Kôkôkô, il répétait à chaque occasion « on va gagner les élections et en 5 ans je vais fixer les clous ». On peut donc clairement comprendre que le repos dont Laurent Gbagbo parle ici est celui de la fin du mandat à venir. Pas, pour l’heure, une retraite politique.
Ainsi, au moment où les uns et les autres gens sont engagés à fond dans une campagne électorale contestée par la majorité, Laurent Gbagbo veut agir en tant que prochain président de la Côte d’Ivoire. Il déballe ses prochaines actions. Au demeurant, la couleur de sa cravate est en conformité avec cette ambition. Le rouge, on le sait, exprime le pouvoir. Comment cela va se produire reste encore un secret des dieux.
Les ivoiriens manifestent depuis plusieurs jours pour protester contre le 4e mandat dit illégal, du président sortant Alassane Ouattara. Ils n’ont certainement pas saisi le vrai sens du message que le président Gbagbo a voulu transmettre à la Nation et au monde entier. Cependant, convaincus qu’il ne les abandonnera jamais, ils continuent leur lutte en espérant une suite favorable. D’autant que Gbagbo a affirmé, dans l’interview, qu’il les encourage et les soutient totalement.
Cependant, Alassane Ouattara, visiblement sûr de sa victoire avec son slogan « un coup KO » semble ne pas être touché ni inquiété par les contestations et répressions que subissent le peuple face aux forces de l’ordre. La campagne électorale des quatre autres candidats retenus sur soixante candidatures, a été, par endroits, noyée dans toutes ces tensions. Malgré ce tableau peu reluisant de cette élection présidentielle, la Commission électorale et le Conseil constitutionnel se préparent à proclamer les résultats.
Reine Titi



