Malgré l’interdiction préfectorale, la marche du Front Commun a eu lieu le samedi 11 octobre 2025. Les rapports font état de 237 arrestations, ce qui est important. Affi N’Guessan, président du FPI dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel, explique la colère de l’opposition dans une interview accordée au confrère Nouvelle-Afrique.
« Il ne s’agit pas d’un acte de défiance, mais une réponse légitime à une décision injuste. Nous avons simplement exercé un droit fondamental reconnu à tout citoyen, celui de manifester pacifiquement pour exprimer son opinion. Depuis plusieurs mois, l’opposition multiplie les appels au dialogue pour aborder les questions essentielles du processus électoral : la composition de la CEI, l’accès équitable aux médias, la sécurité du scrutin… Aucun de ces préoccupations n’a reçu de réponse. Face à ce mépris institutionnalisé, nous avons décidé de faire entendre notre voix », a situé l’ancien Premier ministre.
Si la mobilisation est jugée impressionnante à Abidjan avec de milliers de personnes dans la rue, Affi N’Guessan y voit un avertissement adressé au régime. « En 2020, nous avons déjà connu une vague de désobéissance civile importante. Mais ce que nous observons aujourd’hui est d’une ampleur inédite. La mobilisation de 2025 est deux à trois fois plus forte, plus déterminée, plus consciente. Les Ivoiriens ne veulent plus subir », avance-t-il en assurant que « Ouattara ne peut plus ignorer cette volonté populaire. Refuser de l’entendre, c’est s’exposer à une crise politique profonde, que personne ne souhaite mais que le peuple pourrait imposer par sa détermination pacifique.
Selon Affi N’Guessan, l’unité de l’opposition est une condition de survie démocratique. Elle a donc le devoir de se mettre au diapason de l’aspiration populaire. Il reconnait que des divergences existent, mais elles ne sont pas, soutient-il, insurmontables. Se félicitant de la détermination des manifestants malgré la présence impressionnante des Forces de l’ordre, il lance un appel à la population pour se détourner de la peur.
« J’ai vu des jeunes engagés, des femmes portant le drapeau national, des personnes âgées venues défendre la liberté. Tout cela prouve que la flamme de la dignité ivoirienne brûle encore. Je leur dis de rester debout, de ne pas céder au découragement ni à la peur ».
Paul D. Tayoro



