Pour Simone Ehivet Gbagbo qui est candidate à la Présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’ivoire, le pays ne peut se passer ni du Burkina Faso, ni du Mali, ni du Niger même si les rapports sont quelque peu tendus en ce moment. « Je prie pour que l’AES réussisse dans son action actuelle. Toute l’Afrique va être confrontée à ce même combat. Comment tisser les relations avec les autres pour aider son peuple ? Qu’est-ce que la Russie apporte ? Comment la CEDEAO intervient-elle dans cette difficulté pour que les peuples se développent ? ».

La candidate du MGC qui était, le mardi 7 octobre 2025, face à la presse internationale à la Maison de la Presse au plateau, estime que les pays de l’AES doivent être soutenus dans leur action. Répondant aux questions, elle a soutenu qu’une économie qui ne repose que sur des investissements étrangers, ne peut être viable. « Je souhaite une économie maîtrisée par les Ivoiriens eux-mêmes… Si je dois prendre de prêts à l’étranger, ce serait pour aider les Ivoiriens à produire, à transformer et à prendre des marchés », a-t-elle dit en donnant l’exemple de plusieurs pars pays dont la Chine où l’économie est principalement entre les mains de Chinois.
Pour étayer sa position, Simone Gbagbo a cité les chiffres macro-économiques mirobolants que le pouvoir affiche, alors que le peuple croupit dans la misère et n’a rien à manger. « Pourquoi, pour avoir du riz, devrions-nous nous tourner vers l’Inde et d’autres pays ? Nous pouvons produire le riz nous-mêmes ».
Les trois axes de la politique du MGC sont la réconciliation, la transformation et la souveraineté. Pour elle, la réconciliation n’a jamais démarré. Elle explique que la crise Ivoirienne a duré de 2002 à 2011. Et depuis 2011, le pouvoir a eu tout le temps de faire cette réconciliation et de procéder aux réparations. Mais les travaux du Premier ministre Charles Konan Banny sont restés dans les tiroirs et rien n’a été fait.
Pour Simone Gbagbo, la transformation part de l’éducation jusqu’à l’économie. « Il faut restructurer l’école. Aujourd’hui, l’essentiel est accordé à l’enseignement général. Il faut structurer l’enseignement technique et professionnel. Elle a donné l’exemple du cajou dont les producteurs ne savent même pas qu’on peut en tirer de nombreux produits.
La souveraineté qui n’est pas le repli sur soi-même, implique que l’on s’allie librement et prenne de décisions pour l’intérêt de son peuple. Dans cet élan, les jeunes seront utilisés dans le processus de consolidation de la nation par l’introduction du service civique et du service militaire.

Si Simone Gbagbo a un regret, c’est la non-inscription d’acteurs majeurs sur la liste électorale. « Laurent Gbagbo a été condamné uniquement pour se débarrasser d’un adversaire. Tout comme Tidjane Thiam. C’est injuste mais il faut être pragmatique. Le pouvoir annonce qu’il va gagner au premier tour. Je ne crois pas cela », dit-elle. Elle promet d’organiser ce dialogue politique si elle remporte cette élection. Elle invite donc toute la population à aller voter massivement pour couvrir toutes les imperfections de la liste électorale.
Paul D. Tayoro



