La semaine qui commence ce lundi 8 septembre 2025 est cruciale pour la Côte d’Ivoire. C’est celle de l’ouverture des portes. Et les clés sont entre les mains de Chantal Camara, présidente du Conseil constitutionnel. Il lui appartient de diriger le pays vers une présidentielle apaisée.
Il y a, en effet, deux ouvertures. Celle qui passe par le dialogue politique, l’inclusion et la transparence ; et il y a celle qui assure, péremptoire, que l’élection sera apaisée, sans toutefois rien dire sur les ingrédients qui permettront à la mayonnaise de prendre. Les deux courants se regardent en chien de faïence pendant que le pays tremble sur ses bases.
Pourquoi, pour atteindre la même destination, doit-on passer par des chemins différents, sans certitude de trouver le bon chemin au bout du tunnel ? il y a pourtant plusieurs panneaux indicateurs tels que la loi, la justice juste, le bon sens et l’amour du pays. Parce que parfois, la loi toute seule ne suffit pas. Laurent Gbagbo nous l’a montré en 2010 avec l’article 48. Et si la loi ne suffit pas, il faut encore qu’elle soit honnêtement et rigoureusement dite.
Et c’est là que nos juristes pêchent et ne nous font pas avancer. Le dernier exemple est celui du professeur Ouraga Obou, universitaire reconnu comme un des maîtres en matière de droit en Côte d’Ivoire. Il est le père de la Constitution actuelle qui a été adoptée en 2016. A l’origine, la question des mandats anticonstitutionnels était déjà posée. Mais l’orfèvre du droit avait vite rassuré tout le monde en affirmant que le président Alassane Ouattara ne serait pas candidat en 2020.
« Je puis vous assurer que le président Ouattara ne briguera pas un autre mandat. Il y a la continuité législative dont il est question dans l’article 183 de la Constitution. Et suivant cette continuité, le président de la République qui est à son deuxième mandat, ne peut pas briguer un autre dès lors que la loi fondamentale le lui interdit », clamait-il.
Aujourd’hui, Ouraga Obou adoube une candidature qui, en 2020, était déjà, selon lui-même, illégale. En invitant les populations de son village à voter pour Alassane Ouattara en octobre 2025 et en promettant de battre campagne pour lui, il avoue son parti pris dans le débat sur le quatrième mandat.
Le technocrate du droit fait douter de lui et n’apaise pas les cœurs. La logique juridique est surement loin des autres et le droit doit avoir ses propres canaux de réflexion. On en perd son latin. L’élection sera-t-elle vraiment apaisée ? Cela ne doit pas être un vœu pieux.
Paul D. Tayoro



