La Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), lancée par la BCEAO, marque une nouvelle étape dans la modernisation des paiements en Afrique de l’Ouest. Elle facilite les transferts d’argent entre banques et services de mobile money. Toutefois, son fonctionnement soulève déjà des interrogations chez certains utilisateurs, notamment ceux de Wave.
PI-SPI : quand une innovation complique les habitudes des utilisateurs de Wave
Avant l’arrivée de ce dispositif, plusieurs opérateurs de mobile money avaient déjà développé des partenariats avec des établissements bancaires. C’est notamment le cas de Wave, qui proposait des connexions avec 15 banques et 9 institutions de microfinance.
Cette organisation permettait aux clients de transférer directement de l’argent entre leur compte bancaire et leur portefeuille Wave. Tout se faisait depuis une seule application, sans devoir passer par les plateformes bancaires.
Un utilisateur disposant de comptes chez Ecobank et UBA pouvait ainsi alimenter son portefeuille Wave ou effectuer des retraits directement depuis son téléphone. Une solution pratique, particulièrement pour ceux qui utilisent régulièrement le service pour leurs dépenses quotidiennes.
Le premier transfert mensuel d’un compte bancaire vers Wave étant gratuit, certains clients avaient également pris l’habitude de regrouper leurs dépenses du mois en une seule opération. Cette méthode leur permettait de limiter les frais et d’éviter les déplacements vers les points de transfert mobile money.
Mais cette facilité semble aujourd’hui remise en question par les nouvelles modalités d’utilisation de la PI-SPI.
Les utilisateurs réclament le maintien des anciennes solutions de transfert
Désormais, pour effectuer un transfert bancaire vers son portefeuille Wave, certains utilisateurs doivent passer par l’application de leur banque et utiliser le dispositif PI-SPI.
Un changement qui peut rapidement devenir contraignant. Une personne possédant plusieurs comptes bancaires doit potentiellement installer et ouvrir différentes applications pour réaliser des opérations auparavant accessibles depuis Wave.
Cette situation a notamment provoqué la frustration d’un utilisateur qui souhaitait effectuer rapidement un transfert vers son portefeuille. Habitué à gérer ses opérations depuis Wave, il a découvert qu’il devait désormais passer par les applications d’Ecobank et d’UBA.
Au-delà de cette difficulté, la question du choix des consommateurs se pose. La PI-SPI représente une avancée dans l’interopérabilité des paiements. Cependant, son déploiement ne devrait pas nécessairement entraîner la disparition des solutions déjà appréciées par les utilisateurs.
L’enjeu consiste donc à permettre aux différentes méthodes de transfert de coexister. Les clients devraient pouvoir choisir entre une opération depuis leur application bancaire ou directement depuis leur portefeuille mobile money.
En définitive, la PI-SPI de la BCEAO ouvre de nouvelles possibilités pour les transactions financières dans la région. Mais sa réussite dépendra aussi de sa capacité à simplifier réellement le quotidien des consommateurs. Une innovation ne devrait pas se traduire par davantage de contraintes. Elle doit offrir plus de possibilités, tout en préservant la liberté de choix des utilisateurs.
Kevin AKA



