Docteur Cissé Massandjé est pharmacienne de formation. Fondatrice et présidente de l’Institution VISION DIAMANT. Elle est, par ailleurs, Commissaire Générale du Salon International de la Santé Mentale et du Bien-Etre (SISAMBE) dont la première édition aura lieu du 06 au 07 novembre 2026. Pour elle, la santé mentale concerne tout le monde.
Qu’est-ce que VISION DIAMANT ? Quand a-t-elle été créée et qu’est-ce qui vous a motivée à la fonder ?
VISION DIAMANT est une institution engagée dans la transformation humaine et le mieux-être des populations. Elle est née d’une conviction personnelle très forte : nous pouvons traverser des épreuves, connaître des périodes difficiles, tomber parfois, sans pour autant renoncer à devenir la meilleure version de nous-mêmes.
Mon propre parcours de vie m’a amenée à comprendre que la santé et l’épanouissement d’une personne reposent sur plusieurs dimensions qui sont intimement liées. C’est pourquoi VISION DIAMANT s’est construite autour de trois piliers : la santé physique, la santé mentale et la santé financière.
Notre ambition est d’être une source de réconfort, de motivation et d’outils concrets pour permettre à chacun de prendre soin de soi, de retrouver confiance et d’avancer malgré les difficultés. Aujourd’hui, la santé mentale occupe une place particulièrement importante dans nos actions, parce que nous avons constaté qu’elle reste encore mal comprise, insuffisamment prise en compte et entourée de nombreux tabous.
Quels sont les objectifs et les missions de VISION DIAMANT ?
La mission de VISION DIAMANT peut se résumer ainsi : aider les personnes à mieux vivre, à mieux se comprendre et à développer les ressources nécessaires pour avancer. Nous agissons notamment pour promouvoir la santé mentale et le bien-être, sensibiliser les populations, prévenir les situations de détresse, encourager la libération de la parole et surtout faciliter le recours à l’aide lorsqu’elle devient nécessaire.
Nous portons une attention particulière aux jeunes, aux femmes, aux familles et au monde professionnel. Mais notre approche reste globale. Nous considérons que l’être humain ne peut pas être découpé en morceaux : sa santé physique influence sa santé mentale ; ses difficultés financières peuvent affecter son équilibre psychologique ; et inversement. C’est cette vision intégrée qui constitue l’ADN de VISION DIAMANT.
Pourquoi un Salon International de la Santé Mentale et du Bien-Être ?
SISAMBE 2026 est la première édition du Salon International de la Santé Mentale et du Bien-Être. Nous sommes partis d’un constat très simple : lorsque l’on parle de santé mentale, beaucoup pensent immédiatement à la folie ou aux pathologies psychiatriques sévères. Pourtant, la santé mentale nous concerne tous. Le stress permanent, l’épuisement, les insomnies répétées, l’anxiété, le deuil, les difficultés familiales ou professionnelles, la pression sociale, le sentiment de solitude… tout cela peut affecter notre équilibre psychologique.
Nous avons donc voulu créer un espace où l’on puisse parler de santé mentale autrement, sans honte, sans jugement et dans un langage accessible à tous. Le thème de cette première édition est d’ailleurs : « Ensemble, levons le tabou sur la santé mentale », avec un message fort : « Ma santé mentale, mon combat. »
Nous portons également un mouvement : « TOUS CONCERNÉS », parce que la santé mentale ne concerne pas uniquement les personnes malades. Elle nous concerne tous, directement ou à travers nos familles, nos collègues, nos enfants et nos proches.
Quel est le contenu du programme que vous proposez pour ce Salon International sur la santé mentale en Côte d’Ivoire ?
Pour cette première édition, nous avons fait le choix de construire SISAMBE autour de deux journées complémentaires : une journée consacrée à la parole, à la compréhension et à l’accompagnement, et une seconde davantage tournée vers le mouvement, le bien-être et la rencontre.
Le vendredi 6 novembre, au Sofitel Hôtel Ivoire, nous ouvrirons officiellement SISAMBE avec une cérémonie d’ouverture qui réunira différents acteurs autour d’un même enjeu : faire de la santé mentale un sujet dont nous pouvons enfin parler librement.
La journée se poursuivra avec des temps d’échange et de sensibilisation autour de la santé mentale et du bien-être. Nous souhaitons privilégier un programme accessible, concret et utile, permettant au public de mieux comprendre certains enjeux de santé mentale et de repartir avec des clés. Un espace sera également consacré à des consultations gratuites avec des professionnels de santé, parce que notre ambition n’est pas seulement de sensibiliser : nous voulons aussi créer des passerelles vers l’écoute et l’accompagnement.
Et je tiens particulièrement à ce que nous conservions un espace très symbolique que nous avons imaginé autour de l’écriture. Nous inviterons les participants à s’arrêter quelques minutes pour poser des mots sur trois choses : une douleur qu’ils souhaitent déposer, une victoire qu’ils ont peut-être oubliée et un engagement qu’ils souhaitent prendre envers eux-mêmes. Parce que prendre soin de sa santé mentale, ce n’est pas uniquement parler de ce qui ne va pas. C’est aussi reconnaître le chemin parcouru et décider de la manière dont on souhaite continuer à avancer.
Le samedi 7 novembre sera placé sous le signe du bien-être et du mouvement, avec notamment une activité physique ouverte au public, suivie de moments de sensibilisation et d’échanges. Selon les possibilités offertes par le site qui accueillera cette deuxième journée, d’autres espaces d’échange et de bien-être pourront venir enrichir le programme.
Mais au-delà du nombre d’activités proposées, ce qui compte pour nous est l’expérience que nous voulons faire vivre : venir à SISAMBE pour parler, comprendre, écouter, prendre soin de soi et repartir peut-être un peu différent de la manière dont on est arrivé.
Et surtout, SISAMBE ne s’arrête pas à ces deux journées. Il s’inscrit dans le SISAMBE, une dynamique que nous voulons déployer progressivement à travers différentes actions de sensibilisation et de proximité.
Notre ambition reste la même : faire sortir la santé mentale des cabinets et des situations de crise pour en faire un sujet de société, accessible à tous. Parce que nous sommes TOUS CONCERNÉS.
Quelles sont les actions déjà menées par VISION DIAMANT ? Quel bilan faites-vous ?
VISION DIAMANT mène depuis plusieurs années différentes actions de sensibilisation, de formation, d’accompagnement et de proximité. Nous avons organisé des rencontres et des classes digitales autour du développement personnel et du bien-être, des interventions dans des établissements, auprès des jeunes, des femmes et dans le monde professionnel, ainsi que plusieurs campagnes de sensibilisation. Aujourd’hui, notre action autour de la santé mentale prend une dimension beaucoup plus structurée.
Nous développons notamment le Challenge Mental Impact, destiné à mobiliser les étudiants autour de solutions concrètes en faveur de la santé mentale des jeunes. Nous travaillons également sur la question de la santé mentale en entreprise, sur la sensibilisation des jeunes et sur différentes initiatives de proximité.
Dans le cadre du programme SISAMBE, nous avons également choisi d’aller au contact de personnes hospitalisées en psychiatrie à Bingerville à travers une initiative conviviale et solidaire. Le message est simple : derrière la maladie, il y a d’abord une personne. Une personne qui mérite notre considération, notre respect et notre humanité.
Pour nous, le bilan ne se mesure donc pas uniquement au nombre d’activités réalisées. Il se mesure aussi aux prises de conscience provoquées, aux personnes qui commencent à parler, à celles qui comprennent qu’elles ont le droit de demander de l’aide et aux regards que nous réussissons progressivement à changer
Avez-vous un appel pour soutenir cette activité à caractère d’intérêt public et national ?
Absolument ! Je voudrais lancer un appel aux institutions publiques, aux entreprises privées, aux organisations nationales et internationales, aux médias, aux professionnels de santé, aux universités, aux associations et à toutes les personnes qui souhaitent contribuer à cette cause.
La santé mentale n’est pas l’affaire de VISION DIAMANT. Elle est l’affaire de tous.
Une entreprise qui soutient la santé mentale contribue au bien-être de ses collaborateurs et de leurs familles. Une institution qui s’engage contribue à prévenir des situations de détresse. Une université qui s’engage protège sa jeunesse. Un média qui accepte d’en parler contribue à faire tomber les tabous.
Nous ne demandons donc pas seulement de soutenir un salon. Nous invitons chacun à rejoindre un mouvement.
SISAMBE est une porte d’entrée vers une mobilisation que nous voulons inscrire dans la durée. Et à tous ceux qui traversent actuellement une période difficile, je voudrais également adresser ce message : ne restez pas seuls. Parler n’est pas un signe de faiblesse. Demander de l’aide non plus. Ensemble, levons le tabou sur la santé mentale. Nous sommes tous concernés.
Entretien réalisé par César Kouakou



