Depuis deux à trois jours, la ville de Gagnoa subit de fortes pluies, surtout en soirée. Ces précipitations ont provoqué des inondations dans le quartier Commerce. Le marché de la ville est lui aussi sous les eaux, ce qui paralyse la vente des marchandises et prive de revenus les femmes qui en vivent.
Dans les rues, le désarroi est palpable. Plusieurs routes sont barrées par l’eau, et les habitants doivent patauger, parfois jusqu’aux genoux, pour se rendre au travail, à l’école ou au marché. Les commerçantes, qui comptent sur chaque journée de vente pour nourrir leur famille, regardent leurs marchandises abîmées ou inaccessibles. Pour beaucoup, chaque soir de pluie ravive la même angoisse : voir l’eau monter encore.

Les déplacements sont devenus très difficiles. Certains chauffeurs de taxi refusent désormais des clients, voire des zones entières, par crainte de rester bloqués dans les eaux ou d’abîmer leur véhicule. Ceux qui acceptent de circuler augmentent parfois leurs tarifs ou font de longs détours. Les piétons, eux, n’ont souvent d’autre choix que de marcher dans l’eau, au risque de glisser ou de tomber malades.
Face à cette situation, les sapeurs-pompiers civils et la police municipale se sont mobilisés. Ils aident les élèves à rejoindre leur école et accompagnent la population dans ses déplacements. Un geste de solidarité salué par les habitants.
L’inondation figure parmi les risques naturels les plus fréquents et les plus destructeurs au monde. Elle peut résulter de pluies torrentielles, du débordement de cours d’eau ou de submersions marines. Aujourd’hui, ses effets sont fortement aggravés par le changement climatique, une urbanisation rapide qui perturbe l’écoulement naturel des eaux, les conditions pédologiques et topographiques, l’incivisme, notamment les déchets qui obstruent les caniveaux.

Face à cette situation inconfortable, la population espère des solutions durables : curage des caniveaux, aménagement de meilleurs systèmes d’évacuation des eaux et sensibilisation au respect des règles d’hygiène et d’assainissement. En attendant, la prudence reste de mise lors des prochaines pluies.
Ruth Ozé



