Après un mois et demi de pause consacrée à la rentrée scolaire, les femmes du Grand Obodjeho ont effectué leur grande rentrée ce dimanche 4 octobre 2026 au domicile du Chef du village. Une reprise marquée par la solidarité, mais aussi par des clarifications sur la gouvernance de leur association.
Près de 300 femmes étaient réunies le dimanche 4 octobre 2026, dans la cour spacieuse de la chefferie d’Obodjeho. À leur tête, Mme Inès Obodji épouse Yéboa, qui se présente comme Présidente de l’association Grand-Obodjeho. « Je n’ai pas réuni les femmes, elles sont venues d’elles-mêmes parce que nous avons l’habitude de tenir nos réunions chaque dimanche », précise-t-elle d’entrée.
Au cours de cette rencontre, les statuts et règlements intérieurs de l’association ont été présentés. Mais le temps fort a été la phase consacrée à l’action de solidarité. En tant que présidente, Inès Yéboa a annoncé avoir acheté, sur fonds propre, des kits scolaires pour les enfants vulnérables. « Parmi nous, il y a des veuves. Nous avons des femmes malades, inactives, qui ne peuvent plus avoir de revenus pour scolariser leurs enfants. C’est particulièrement à ces femmes-là que j’ai pensé », confie-t-elle. Plus de 150 kits scolaires ont été distribués dans une ambiance festive.

Autre annonce majeure : pour relancer les activités génératrices de revenus, 10 femmes vont bénéficier dès cette semaine, d’un prêt de 20 000 à 50 000 F CFA, remboursable après 3 mois d’exercice. Une action pour une association qu’elle qualifie elle-même de « naissante ».
Inès Obodji épouse Yéboa lance un appel à toutes les femmes du Grand-Obodjeho, secteur Château, Marché, Édiêba, Centre et Port-Bouët à adhérer au mouvement : « Nous avons beaucoup de projets. En étant adhérente, vous allez bénéficier de beaucoup de choses. »
Interrogée sur une rumeur faisant état d’un bicéphalisme à la tête de l’association, Inès Yéboa se montre claire : « C’est par consensus que les femmes ont trouvé qu’il n’y avait pas lieu d’aller aux élections et elles ont opté pour moi. Une personne ne peut pas s’auto-proclamer présidente. Nous sommes en démocratie, il est préférable d’avoir l’avis des femmes elles-mêmes. »
Le vieux Soboua, chef du village d’Obodjeho, apporte une nuance importante qui éclaire le débat. « Pour l’instant, rien n’est encore fait. Nous sommes en train de travailler. Selon les envoyés du Ministre Pierre Dimba, tout ce qui a été fait avant, est nul. Officiellement, c’est nul. La chefferie actuelle est en train de travailler pour désigner une femme du secteur Château, qui sera la maman des femmes du Grand-Obodjeho », explique-t-il. « Je n’aime pas prendre de décision tout seul. Mais pour moi, toute femme qui réside à Obodjeho, même non-mariée, doit pouvoir être candidate. »
Parfson N’TAH Correspondant régional



