Cissé Bacongo et le RHDP : comment l’affaire Koumassi-Campement expose les fragilités internes du parti
L’affaire des démolitions à Koumassi-Campement continue de susciter des réactions dans le paysage politique ivoirien. Dans une tribune, Koné Abdramane, secrétaire de section RHDP « Les Mésanges » d’Adjamé, défend Cissé Ibrahima Bacongo et appelle les responsables du parti à davantage de solidarité.
Le débat intervient après la conférence de presse du procureur de la République, Koné Braman Oumar, consacrée à l’enquête sur les démolitions intervenues le 3 juin 2026 à Koumassi-Campement. Le parquet a indiqué que la procédure judiciaire se poursuivait et que plusieurs personnes avaient été entendues.
Koumassi-Campement relance les tensions autour de Bacongo
Dans son texte, Koné Abdramane estime que Cissé Bacongo fait désormais face à des critiques venues de plusieurs horizons. Il dénonce notamment les prises de position de certains communicants et élus proches du RHDP, qu’il considère comme une forme de fragilisation interne.
Le secrétaire de section rappelle le parcours politique de Cissé Bacongo. Selon les éléments biographiques disponibles, celui-ci a rejoint le Rassemblement des républicains (RDR) à ses débuts et a occupé plusieurs responsabilités au sein du parti. Il a notamment été directeur de cabinet adjoint d’Alassane Ouattara entre 2000 et 2005.
Cissé Bacongo occupe également une place importante dans l’organisation du RHDP. Il exerce les fonctions de secrétaire exécutif du parti depuis 2022. Il est par ailleurs ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan.
Son implantation politique à Koumassi constitue également un élément central de son parcours. Les sources institutionnelles indiquent qu’il a été élu député de la commune à partir de 2012, avant de devenir maire en 2018. Il a ensuite été réélu en 2023, avant de quitter la mairie à la suite de sa nomination comme ministre-gouverneur.
Pour Koné Abdramane, cette trajectoire justifie une certaine solidarité à l’égard du responsable politique. Il considère notamment que les divergences internes devraient être traitées dans les structures du parti plutôt que par des affrontements publics.
Solidarité politique et enquête judiciaire : deux questions distinctes
L’affaire Koumassi-Campement repose toutefois sur une procédure judiciaire en cours. Le procureur de la République a indiqué que les démolitions du 3 juin 2026 faisaient l’objet d’une enquête ouverte depuis le 10 juin. Selon le parquet, la décision de justice invoquée pour justifier l’opération ne permettait pas, à elle seule, d’autoriser les démolitions.
Cette procédure constitue donc un volet distinct du débat politique. La justice poursuit ses investigations afin d’établir les responsabilités et les circonstances précises des événements.
Dans sa tribune, Koné Abdramane soutient qu’une solidarité politique ne devrait pas empêcher la justice de faire son travail. Il estime au contraire qu’un responsable politique peut bénéficier du soutien de sa formation tout en restant soumis aux procédures judiciaires en cours.
Le débat porte ainsi sur l’équilibre entre discipline partisane, expression publique et respect des institutions. L’auteur de la tribune établit également un parallèle avec les précédentes périodes de crise vécues par les formations politiques ivoiriennes au pouvoir.
Il évoque notamment le PDCI et le FPI pour défendre l’idée selon laquelle les désaccords internes peuvent être gérés au sein des structures politiques. Cette lecture historique relève toutefois de l’analyse de l’auteur et ne constitue pas un constat judiciaire ou institutionnel.
Au-delà du cas personnel de Cissé Bacongo, cette controverse pose donc une question plus large sur la gestion des divergences au sein du RHDP. Les réseaux sociaux occupent désormais une place importante dans les débats internes aux formations politiques, ce qui peut rendre les désaccords beaucoup plus visibles.
Kevin AKA



