Lancé le 1er septembre 2026, le Système national de traçabilité du café-cacao suscite déjà des inquiétudes sur le terrain. Des acteurs de la filière évoquent des problèmes techniques et un manque de matériel.
Ces difficultés interviennent au début de la campagne 2026-2027. Elles pourraient ralentir la collecte du cacao dans plusieurs régions productrices.
Des difficultés qui perturbent les achats de cacao
Le nouveau dispositif impose désormais l’utilisation de la carte électronique du producteur pour acheter ou vendre du café et du cacao. Les transactions doivent ainsi être enregistrées à travers les nouveaux outils numériques.
Mais leur utilisation reste compliquée pour certains professionnels. Des négociants, des coopératives et des agents d’achat disent encore manquer de maîtrise des procédures.
À cela s’ajoutent des problèmes liés au matériel. Certains acheteurs affirment ne pas disposer de tous les terminaux, sacs et scellés nécessaires aux opérations.
Dans plusieurs zones rurales, cette situation aurait déjà contribué à rallonger les délais de collecte et de livraison. Les acteurs de la filière surveillent donc attentivement l’évolution du dispositif.
Le Conseil du Café-Cacao veut accélérer le déploiement
Le Conseil du Café-Cacao défend pourtant la mise en place du système. L’objectif est notamment de pouvoir suivre le produit depuis la parcelle jusqu’à son exportation.
Le dispositif doit aussi renforcer la sécurité des transactions et permettre de mieux établir l’origine du cacao ivoirien. Cette exigence revêt une importance particulière pour les exportations destinées au marché européen.
Le régulateur assure avoir terminé le déploiement des terminaux de paiement. Il précise également que la distribution du matériel se poursuit selon les volumes d’achat enregistrés lors de la précédente campagne.
Au total, 20 000 nouveaux terminaux ont été acquis. Yves Brahima Koné, directeur général du Conseil du Café-Cacao, reconnaît les difficultés liées au lancement. Il estime toutefois que les opérations devraient progressivement retrouver un rythme plus soutenu.
La situation reste stratégique pour la Côte d’Ivoire. Selon Reuters, près de 70 % du cacao ivoirien est destiné au marché européen.
Les exportateurs redoutent donc que les lenteurs actuelles ne provoquent des retards d’approvisionnement en octobre et novembre. L’enjeu sera désormais d’accélérer la prise en main du système sans perturber davantage la chaîne d’achat et d’exportation.
Kevin AKA



