Le bombardement du cantonnement militaire français de Bouaké, survenu en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004, connaît un nouveau développement judiciaire. Les familles des victimes ont saisi la justice française pour tenter d’éclaircir les conditions dans lesquelles les pilotes impliqués ont pu disparaître.
Une plainte déposée à Paris pour comprendre l’exfiltration des pilotes
Mardi 1er septembre 2026, les proches des militaires tués ont déposé une plainte au tribunal judiciaire de Paris. Selon Le Monde, leur démarche vise notamment Robert Montoya, un ancien gendarme de la cellule antiterroriste de l’Élysée devenu marchand d’armes.
Les familles cherchent à déterminer les circonstances exactes de la fuite des auteurs présumés de l’attaque. Elles s’interrogent aussi sur les éventuelles complicités ayant permis leur départ après leur arrestation au Togo et leur signalement aux autorités françaises.
L’attaque de Bouaké avait causé la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit autres personnes avaient également été blessées.
Robert Montoya est présenté comme une figure connue des réseaux de la « Françafrique ». Installé en Afrique depuis environ vingt ans, il exerçait comme vendeur d’armes au Togo au moment des faits. Il vivrait aujourd’hui entre Lomé et Alger.
Le rôle présumé de Robert Montoya dans la fourniture des avions
La plainte s’intéresse également au rôle qu’aurait joué Robert Montoya dans l’acquisition des appareils militaires utilisés lors du bombardement. Il aurait notamment fourni à la Côte d’Ivoire les Soukhoï-25 impliqués dans l’opération.
Un rapport des Nations unies daté du 7 novembre 2005 évoquait déjà l’importance de sa société Darkwood dans les contrats militaires ivoiriens. « Les deux tiers des marchés militaires de la Côte d’Ivoire entre 2002 et 2004 ont transité par Darkwood, sa société basée à Lomé », indiquait le document.
La vente de ces avions ne constituait toutefois pas, à elle seule, une violation de l’embargo international. Celui-ci n’a été instauré qu’après le bombardement de Bouaké.
Plus de vingt ans après les événements, cette plainte pourrait donc relancer les interrogations autour de l’attaque de Bouaké et de la fuite des pilotes soupçonnés. Les familles des victimes veulent désormais obtenir des réponses sur les responsabilités et les éventuels soutiens dont auraient bénéficié les personnes recherchées.
Kevin AKA



