jeudi, juillet 16, 2026
Google search engine
AccueilActualitéDOUANES / LES PRATIQUES COMMERCIALES QUI FAVORISENT LA CORRUPTION

DOUANES / LES PRATIQUES COMMERCIALES QUI FAVORISENT LA CORRUPTION

La nuit est totalement tombée lorsqu’un car en provenance d’Abidjan pour la ville de Divo, parvient au poste des douanes d’Ogoudou, à une quinzaine de kilomètres de la destination. Un silence lourd règne dans le véhicule plein de commerçantes en possession de marchandises. Il semble que leur sort est entre les mains des agents, ce samedi 11 juillet 2026.

Une dame, Mme Dadié, est du voyage. Elle ramène 40 chaises en plastique achetées à la zone industrielle, dans le périmètre d’Anonkoua Kouté. Elle a acquis ces objets chez un Libanais. Elle raconte que le Libanais, assis devant une petite boutique de vente d’objet en plastique, a refusé de lui remettre une facture qu’elle avait pourtant réclamée. « Il m’a dit : Non, on ne donne pas de facture ici. Je peux vous remettre un bon de livraison si vous voulez ». Elle présente le bon de livraison du libanais. Il s’agit d’une feuille arrachée à un carnet de factures. Sans aucun numéro, ni aucune mention permettant de retrouver le vendeur, aucune signature, aucun cachet. Son identité reste inconnue de ses clients. « Si les douaniers demandent, c’est ce papier que je leur remettrai », dit-elle sans aucune assurance dans la voix.

Quelques kilomètres avant les douaniers, une des femmes se lève et, parcourant l’allée du car, elle réclame de l’argent à tous ceux qui transportent des marchandises. « Les commerçants, donnez de l’argent pour la douane. Wari di, wari di ». Les femmes s’étaient exécutées mais sans entrain. La somme recueillie a été remise au chauffeur qui devait la remettre aux douaniers, afin d’éviter un contrôle trop serré. Un coup d’épée dans l’eau. Le chauffeur n’est pas d’accord. « Donnez au moins 10.000 francs. Si vous ne le faites pas, je vous préviens que je ne retarderai pas le voyage si on vous arrête Celui qui aura ses bagages dehors, restera sur place et nous nous en irons ». Panique à bord. Tout le monde se ravise et la somme idoine est rapidement rassemblée.

Mme Dadié n’a pas participé à la cotisation et n’avait d’ailleurs pas l’intention de le faire. Les objets qu’elle transporte ne sont pas à vendre. Les chaises sont destinées à une association de son village.

Un homme, excédé au fond du car, s’interroge. « Comment les douaniers peuvent-ils exiger des papiers aux dames qui achètent des marchandises fabriquées sur place à Abidjan » ? Pour lui, il s’agit d’un cas d’abus pour extorquer de l’argent aux dames. Des analphabètes pour la plupart.

La somme exigée par le chauffeur est remise aux douaniers et le contrôle n’a pas lieu. Le véhicule redémarre rapidement et quitte le lieu à la satisfaction générale. Mais le débat se poursuit. Pour certains, les commerçantes doivent présenter aux douaniers des factures que les grossistes sont dans l’obligation de leur remettre. Pour d’autres, une marchandise produite dans le pays et qui y circule, n’a pas besoin de justificatif.

Mme Dadié conserve cependant un souvenir précieux qui, espère-t-elle, pourrait servir en cas de besoin. La plaque apposée devant la boutique du libanais mentionne ceci : « ODP 2025/7725 ». Elle l’a discrètement notée. « C’est bien peu pour vous sortir d’affaire en cas de contrôle douanier », affirme celui qui défendait le contrôle douanier des objets fabriqués sur place.

Finalement, tous les passagers sont d’accord. Les Libanais et leurs pratiques indélicates sont responsables des souffrances des commerçants. Des agissements qui servent de terreau à la corruption.

Paul D. Tayoro

ARTICLES RECENTS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
Google search engine

Articles Populires

Commentaires récents

Reset password

Entrez votre adresse e-mail et nous vous enverrons un lien pour changer votre mot de passe.

Commencez avec votre compte

pour enregistrer vos maisons préférées et plus encore

Inscrivez-vous avec l'adresse e-mail

Commencez avec votre compte

pour enregistrer vos maisons préférées et plus encore

By clicking the «S'INSCRIRE» button you agree to the Conditions d'utilisation and Politique de confidentialité
Powered by Estatik